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  • Sous le choc

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     Comme beaucoup je suppose, j’ai passé la nuit devant mon écran de télévision, abasourdi par les images de l’incendie qui a ravagé Notre Dame de Paris et qui n’est pas encore totalement éteint au moment ou j’écris ces lignes. Stupéfié d’une stupeur très particulière que seul le 11 septembre 2001 avait suscité en moi. On me fera remarquer avec raison que les deux évènements n’ont aucun rapport, notamment en terme de bilan humain. Mais du point de vue émotionnel, il en va autrement, comme en témoignent les cris de désespoir des Parisiens quand la flèche s’est effondrée…

    Ce qui s’est passé cette nuit pourrait bien constituer, pour la France et plus largement pour l’Europe, un tournant symbolique et civilisationnel. Voilà des décennies que l’héritage judéochrétien de cette partie de monde est méprisé et moqué, battu en brêche par le relativisme culturel, la haine de soi et le nihilisme pratique qui sous-tendent le prêt à penser de notre époque. Devant le spectacle de ce chef d’œuvre du Moyen Age s’abîmant dans les flammes, nous devons nous interroger. Et si c’était la métaphore de notre civilisation en péril ? Le signe prémonitoire d’un possible effacement que Paul Valéry avait prédit: « Nous autres civilisations, nous savons désormais que nous sommes mortelles » ? En tout cas, les générations  bâtisseuses qui nous ont précédé savaient lire, elles, dans les évènements saillants qui se produisent, les signes d’un destin.

    Car on ne doit pas oublier qu’avant les églises de pierre, il y a l’Eglise de chair. Lorsque le Christ lance à Pierre ce jeu de mots fameux «Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise», il parle des pierres vivantes que sont les porteurs de foi et non des bâtiments. Je ne puis m’empêcher de rapprocher cela du constat que l’analyste Jerôme Fourquet établit dans un livre récent (1), à savoir que le processus de déchristianisation de la France est quasiment achevé.

    Mais peut-être au contraire un indice d’espoir se tient-il dans le cri de désespoir des Parisiens. Le point de déclanchement d’une prise de conscience et d’un retournement spirituel qui pourraient faire tache d’huile. Après tout les quelques chrétiens qui restent encore, toutes confessions confondues, s’apprêtent à fêter Pâques. Ils savent donc que le dernier mot de la vie, ce n’est pas la mort, mais la vie. Certainement Notre Dame sera rebâtie, ce qui peut constituer pour le peuple de France et au-delà, un magnifique projet fédérateur. Cette reconstruction n’aura de sens toutefois qu’à la condition d’être portée par un puissant mouvement d’éveil spirituel.

     En ce triste matin, bien des ombres demeurent. Il faut vraiment souhaiter que l’enquête policière parvienne à établir l’origine accidentelle du sinistre. L’incendie criminel tout récent de Saint-Sulpice et les nombreuses dégradations intentionnelles d’églises qui se succèdent depuis des mois (dans le silence quasi complet des médias mainstream) l’exigent. Sinon les délires complotistes vont se déchaîner. Déjà ces dernières heures, la bêtise, l’inculture et la haine à la puissance dix ont déferlé sur les réseaux sociaux. Qui n'étaient pas  sans renvoyer à certaines scènes de liesse scandaleuse montrées par des chaînes de télévision lors de la chute des Tours jumelles… Il y a là un autre type de braises problématiques, un autre incendie potentiel à traiter de toute urgence. 

    Une mention spéciale pour finir à François-Xavier Bellamy. Voilà un homme dont j’ignorais tout et qui se détache très nettement des innombrables prises de parole suscitée par la catastrophe. Intelligence, hauteur de vue, sensibilité, culture, vision, rien ne lui manque. Il a su trouver les mots et montrer une direction. On dit parfois que la naissance d’un destin politique, c’est la rencontre entre un homme et les circonstances de l’Histoire. Qui sait ? A mon avis, il est à suivre attentivement.

    (1) L'Archipel Français, Seuil, 2019

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  • La Bible, un livre violent ?

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    Les attentats djihadistes qui se succèdent en Europe et ailleurs à un rythme soutenu soulèvent une question obsédante. Quel lien ce djihadisme violent entretient-il avec l’Islam en général et le Coran en particulier ? Cette question nourrit des débats enflammés. Ce n’est pas à nous mais aux théologiens de l’Islam à répondre. En revanche les rebonds de ce débat nous atteignent. Nous avons tous entendu un jour ou l’autre ce contre-argument : la Bible aussi est un livre violent.

    Il faut admettre qu’il y a du vrai dans cette affirmation.  Cela commence avec le meurtre d’Abel par Caïn. Se poursuit avec l’épuration du peuple d’Israël par Moïse en représailles à l’affaire du veau d’or. Se continue avec la prise de la ville d’Aï par Josué, sa mise à sac et l’extermination de ses habitants. Culmine avec la geste sanglante d’Elie qui fait mettre à mort 400 prêtres de Baal.
    Si nous sommes chrétiens, ne nous croyons pas quittes sous prétexte qu’il s’agit là de pages tirées de l’Ancien Testament. Le Christ ne fut pas aussi doux et débonnaire que le rêve la piété populaire. Il conclut la parabole des mines par l’égorgement sans appel des serviteurs improductifs. Certes c’est une allégorie mais elle fait froid dans le dos… Ici il s’emporte contre les marchands du Temple, là il  se laisse aller à des  diatribes qui, de nos jours, l’auraient trainé devant les tribunaux. Son ministère public se termine par la pire des violences, sa mort sur une croix.

    Cerise sur le gâteau si je puis dire, le livre des Actes rapporte la liquidation  effarante par les apôtres de deux membres de la communauté primitive de Jerusalem. Leur crime consistait à avoir gardé pour eux une partie de leurs biens au lieu de tout verser au bénéfice de la communauté comme c’était la règle. Ananias et Saphira, c’étaient leurs noms, eurent le tort fatal de ne pas être des communistes convaincus avant la lettre…
    Que faire de ces passages, choisis parmi d’autres ? Comment devons-nous les interpréter ? 
    Soyons honnêtes: il est arrivé au long du cours de l’histoire chrétienne qu’on les invoque pour justifier des passages à l’acte. Le cas le plus emblématique est celui des guerres de religions en France au XVIème siècle. On voit se mettre en place – de part et d’autre, catholique et huguenot- un théâtre de la cruauté qui n’hésite pas à argumenter à partir de la Bible.
    C’est un contemporain, Sébastien Castellion, qui le dénonce avant Montaigne. Dés 1562, début des guerres en France, il perçoit le problème avec sa perspicacité coutumière. Peut-on justifier par des passages bibliques les exactions de la guerre? Est-ce l’expression de la volonté de Dieu ? Pour lui c’est un déficit de lecture et d’interprétation qui est en cause. Il faut apprendre à interpréter correctement. Si nous négligeons cet apprentissage essentiel, nous serions alors semblables dit-il à des " enfants jouant avec une arme chargée"…

    L’intention des rédacteurs de la Bible n’était certainement pas d’exalter la créature humaine. Si les auteurs de l’Ancien Testament et des Evangiles avaient cherché à donner du peuple juif et des premiers chrétiens une image avantageuse, exempte de défaut, ils auraient certainement procédé comme les historiographes officiels de tous les régimes. Ils auraient soigneusement effacé de leurs récits toute trace de comportement désobligeant à leur encontre. Ils auraient arrangé les biographies. Ils auraient fait un recueil de morceaux choisis. Rien que de belles âmes. Ils auraient inventé un être humain qui n’existe pas. 
    Or nous lisons exactement l’inverse, avec une insistance et une répétition qui ne doivent rien au hasard. Tous les grands personnages bibliques ont leur zone d’ombre. Les Patriarches, Moïse, Josué, Elie, David, les disciples et les apôtres, et Jésus-lui-même. Oui Jésus, à propos duquel Matthieu rapporte la célèbre parole sur l’amour des ennemis mais également, quelques chapitres plus loin, la terrible liste des malédictions prononcées par lui contre ses propres ennemis… 

    Pourquoi un tel souci de ne pas embellir les choses ? Un souci de vérité, tout simplement. Pour les rédacteurs des Ecritures, il faut impérativement que le lecteur se souvienne à tout moment de l’extraordinaire violence dont l’humanité (donc lui-même en tant que représentant de cette humanité) est capable. Nul ne fait exception, même pas Jésus, qui incarne l’humanité jusque dans la mort. 
    Les écrits bibliques sont semblables à un miroir répète très justement Calvin. Ils nous renvoient l’image de ce que nous sommes. Ils nous parlent de la manière dont nous nous comportons. Ils pointent les pulsions destructrices qui peuvent s’emparer de nous. On a souligné avec raison que la violence dans la Bible est descriptive, elle est de l’ordre du constat. Ce constat est déplaisant et l’image renvoyée est laide mais la vérité peut être  à la fois déplaisante et laide. On ne saurait évacuer cette vérité sans tomber dans le mensonge et le faux semblant.

    C’est une chose très remarquable que la première mention du terme technique de "péché" dans  le récit biblique ne se trouve pas ou on l'attendrait, dans l’histoire du jardin d’Eden, mais dans celle de Caïn et Abel. Au moment précis ou Caïn médite de trucider son frère, une voix intérieure le met en garde : Attention le péché te guette, à toi de le dominer!  
    Il découle de cet avertissement à Caïn deux remarques.
    La première est programmatique: les pages violentes de la Bible doivent être comprises comme autant d’illustrations du péché qui s’attache à la vérité de l’être humain. 
    La seconde est une injonction faite à l’homme: Domine cela, domine  le désir de mort qui monte en toi ! C’est une sorte de confrontation initiale. La Bible décrit la violence humaine mais refuse de la normaliser, de l’annexer ou de l’enrôler. Elle n’est pas prescriptive, elle n’encourage pas la violence pour la plus grande gloire de Dieu. Au contraire. Si la violence est une donnée immédiate de notre existence, obligation nous est faite d’y résister, de la réguler et de nous en départir. Au cœur du Décalogue se tient le commandement : Tu ne tueras point, mieux traduit par : Tu ne seras pas meurtrier. 

    C’est donc le rôle de la loi de venir contrecarrer le chaos des pulsions humaines. A ce titre la loi, y compris civile, est indispensable. La civilisation est basée sur la répression et la régulation de la violence en sorte que la sécurité de tout le monde soit assurée. La sécurité n'est elle pas le minimum que l’on puisse demander pour vivre en société? 
    En même temps ce minimum est un maximum. Car si la loi contrarie et réprime la violence humaine, elle ne sait pas la changer ou la transformer, elle ne la fait pas disparaître. La loi n’est donc pas le remède absolu.

    C’est pourquoi le verbe utilisé dans l’avertissement à Caïn est  la racine hébraïque MCHL qui signifie règner, dominer. L’homme doit apprendre à dominer sa propre violence, à règner sur elle. C’est différent de la nier ( elle n’existe pas) ou de l’éradiquer (elle n’existe plus). Elle existe et j’essaie d'en prendre le contrôle. Le texte biblique recommande qu’on prenne le contrôle des énergies négatives qui nous traversent pour en faire autre chose que du chaos. Un peu à l’image d’une rivière qu’on détourne. L’eau reste de l’eau, l’important est la direction générale. 

    Mais comment un homme peut-il faire cela ? Peut-il seulement renoncer à la violence qui l’habite ? La réponse est oui. Nous avons dans le Nouveau Testament un exemple grandeur nature avec le personnage de l’apôtre Paul. Nous sommes passablement renseigné sur lui par ses propres écrits et par ceux de son biographe Luc, l’auteur des Actes. Paul, a-t-on pu dire, c’est l’homme en deux (1). 
    Il apparaît d’abord sous les traits d’un inquisiteur fanatique du nom de Saül. Pendant des années, il se livre à une chasse aux chrétiens impitoyable. Les Actes insistent sur sa criminalité « il respirait la menace et le crime contre les disciples du Seigneur». Avant de devenir l’apôtre que l’on sait, Paul est d’abord un bourreau enfermé dans la nuit de sa propre violence assassine. Certes il le fait « légalement » puisqu’il vient demander au Grand Prêtre une lettre de mission pour épurer la synagogue de Damas. Mais cette justification officielle ne fait que témoigner du côté obscur d’une religion instituée. 
    Et puis sur le chemin de Damas, tout se renverse. Il traverse une crise spirituelle profonde qui le fait renoncer à sa violence et embrasser la cause que jusque-là il combattait. Il devient un créateur d’Eglise et en vérité on a de la peine à suivre ce qu’il a réalisé et accompli en si peu d’années ! Pourtant ce n’est pas un autre homme. C’est le même homme mais orienté différemment. Il est parvenu à dominer sa pulsion de mort pour la mettre au service de la vie. C’est la même énergie mais elle a changé de signe, elle est passé du moins au plus. 
    Paul y insiste, c’est la foi qui a rendu son changement possible. Sa trajectoire personnelle montre que Dieu nous aide dans le renoncement à la destructivité qui nous habite. Avec l’aide de Dieu, cette destructivité peut être déviée et orientée autrement.

    L’issue pourtant n’est pas  uniquement spirituelle. Tout le monde n'a pas le privilège de bénéficier de visions transcendantes. Et les exemples de croyants violents foisonnent. Donc l'issue est  tout autant morale. Il est requis de la part de chacun du courage et de la volonté pour se dresser contre soi-même. Se faire violence pour ne pas agresser autrui.  Il n'existe pas d'autre voie  vers la civilisation.  
    A cette condition seulement nous pourrons espérer vivre en paix avec tout le monde. Tel est l’idéal chrétien formulé par Paul lui-même. Un idéal pacifique. Pacifique mais non pacifiste. « S’il est possible, autant que cela dépende de vous, vivez en paix avec tout le monde » (Romains 12 :18).
    Car il peut arriver que la paix ne dépende pas de nous, parce que c’est l’ennemi qui nous désigne et nous choisit.  
    Que faire alors ? 
    Ceci est une autre histoire. 

    (1) Selon le petit-grand livre de Jean Michel Hirt  "Paul, l’apôtre qui respirait le crime"  Actes Sud 2014.

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  • Fin du mois, fin du monde...

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    Ce slogan des Gilets Jaunes traduit assez bien un pessimisme largement partagé aujourd’hui. Désastre écologique, collapse climatique, tsunami financier, menaces terroristes, chômage de masse, submersion migratoire, crise de la vie en commun,  effondrement civilisationnel, pas un jour, que dis-je pas une heure ne se passe sans que les chaînes d’infos en continu ne se fassent l’écho d’une mauvaise nouvelle supplémentaire, vérifiée ou non d’ailleurs. Il est train de se produire à l’échelle planétaire ce que Jacques Ellul  considérait comme un péril majeur, à savoir l’apparition d’un homme subjugué par la violence et la peur (1), un homme à qui il ne reste comme perspective d’avenir que le  consentement au pire.

    Pourtant cet homme postmoderne aurait les moyens d’éviter ces catastrophes  annoncées à condition de se dégager de l’emprise mentale qu’exercent sur lui la violence et la peur,  accédant ainsi  à une autre manière de voir la réalité.

    C’est le moment ou jamais de considérer ce que la sagesse philosophique et spirituelle (au sens large)  nous dit depuis longtemps à propos de cette autre manière de voir.

    Commençons avec Nietzsche qui écrit quelque part que les grands évènements arrivent toujours sur des pattes de colombe. On ne cesse de faire des prévisions, des « futuribles » et d’échafauder des scénarios. Cependant à peu près rien de ce que les analystes ont imaginé depuis 1945  ne s’est produit.  Tout dans l’Histoire (le meilleur et le pire)  a toujours joué sur des accidents que personne n’avait vu venir, que certains ont appelé rétrospectivement des « cygnes noirs ». Par définition l’avenir que nous croyons prévisible se révèle en fin de compte surprenant et inattendu. 

    Le même Nietzsche était  sans illusion sur l’humain, trop humain, « rien ne se fait jamais que malgré ». Le plus banal est l’action opportuniste à court terme et la paresse intellectuelle qui se transforment en panique lorsque les difficultés surgissent. Or la panique peut  laisser la place à l’ingéniosité et le sentiment d’urgence inciter à trouver des solutions.  Manière de dire que nous n’agissons vraiment que lorsque la réalité nous y oblige. Seule la contrainte est efficace et c’est le point ou nous en sommes. Les Chinois ont à ce sujet une jolie métaphore, ils parlent d’apprendre à naviguer par vents contraires.

    Un autre philosophe, Martin Heidegger, a eu une formule magnifique pour désigner l’homme, « un être de projet et de bondissement ».  Si j’entends bien, il s’agit de dépasser ce trop humain qui nous cloue sur place et qui désespérait Nietzsche  pour miser sur le dynamisme et la créativité qui caractérisent  également notre espèce mais qui sont trop souvent en sommeil. Oui, nous avons les moyens de rebondir pour  faire face à l’immensité des problèmes, ne fût-ce que par les sciences et les technologies. On ne s’en sortira pas par moins de science mais par plus de science, en priorité pour résoudre les dysfonctionnements écologiques et sanitaires. De ce point de vue les discours « antiscience » qui ont le vent en poupe  sont  irresponsables  voire carrément suicidaires.

     Sous les effets conjugués de la mondialisation des échanges  et du brassage ethnique, il semble que nos sociétés ont de plus en plus de peine à conserver leur cohérence et leur identité. Nous assistons à une régression de l’humanité de l’état-nation vers les tribus, avec les antagonismes, les exclusions et l’affaiblissement démocratique qui l’accompagnent. Ce n’est pas une fatalité cependant. La mondialisation elle-même pourrait être pensée et infléchie comme un mouvement général en direction de la civilisation humaine universelle qu’avait entrevue Teilhard de Chardin.  Chaque culture particulière devrait s’attacher à puiser dans son originalité propre pour apporter sa pierre à l’édifice commun. Non pour finir par se diluer et se perdre dans le grand magma indifférencié du marché mondial mais pour susciter une inspiration réciproque qui nous propulse au delà du simple « vivre ensemble », expression cache-sexe des apartheids en cours… La revendication identitaire n’a de sens qu’à la condition de se mettre au service des échanges entre les génies des peuples. Sinon elle reste stérile et sans intérêt. L’identité nous sert à sortir par le haut, Internet pourrait aisément s'en faire le vecteur idéal. 

    Enfin, et cela s’adresse surtout aux Occidentaux, il devient impératif surmonter le nihilisme que Heidegger, encore lui, a diagnostiqué. Et comment cela ? En accomplissant une révolution spirituelle. Notre vie ne se résume pas à  l’économie et à la consommation compulsive d’objets dont nous n’avons, pour la plupart, aucun besoin. Notre vie s’organise autour du point d’éternité qui se tient au cœur de chacun d’entre nous. Et cela va bien au delà de telle ou telle foi particulière. Ce n’est pas exclusif d’une approche agnostique. Lorsque dans l’Evangile Jésus affirme que « l’homme ne vivra pas de pain seulement », il prononce une parole  bien plus large que la seule foi chrétienne. L’homme vit aussi d’esprit, de symboles, d’ouverture à ce qui le dépasse absolument. L’expérience la plus immédiate qu’il puisse en faire est celle de l’amour et de l'art.  Revenir à ces fondamentaux trop négligés par les temps qui courent est la condition pour redéfinir l’humanisme. Car c’est d’un humanisme repensé en profondeur que nous avons besoin pour affronter les défis qui nous attendent.

     

    (1) La foi au prix du doute, par Jacques Ellul , 1980

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