26/01/2018

LE TRANSHUMANISME, ESPERANCE OU CAUCHEMAR ?

Pour comprendre ce dont parle le transhumanisme, il faut se référer à « Humanité 2.0, la bible du changement » écrit par Ray Kurzweil en 2005 et qui en est le manifeste fondateur. L’idéologie générale et les objectifs de ce courant émancipateur néo-positiviste et néo-scientiste y sont clairement exposés. Il énonce la conviction que les progrès de l’intelligence artificielle et de la technologie feront reculer les finitudes qui s’attachent à l’humanité depuis toujours et même finiront par éradiquer la mort... Il nous annonce, tel un prophète de l’âge des cyborgs, que la parole fameuse du livre de l’Apocalypse « la mort ne sera plus » va bientôt devenir une réalité pour les êtres humains. Non par la grâce de Dieu mais par le génie de la science. Le développement exponentiel de l’intelligence artificielle devrait atteindre le niveau de l’intelligence humaine aux alentours des années 2030 et le dépasser. Ce stade ou les hommes seront dépassés par leurs machines a été nommé Singularité par les transhumanistes.

La perspective de la Singularité offre à l’humanité toutes sortes de possibilités jusqu’ici purement utopiques. La principale est celle de « l’homme augmenté » qui sera en fait un homme nouveau par rapport à ce qu’il est aujourd’hui. Comme dans l’Evangile mais par d’autres moyens, les ingénieurs seront capables de rendre la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, le mouvement aux paralytiques, la raison aux fous etc… Bien mieux, il devrait être possible d’augmenter les capacités physiques, intellectuelles et créatives de l’homme, éradiquer ses maladies et étirer sa longévité jusqu’à annuler la fatalité de la mort. Comment ? En remplaçant progressivement les éléments biologiques de notre corps par des machines jusqu’à devenir soi-même une machine habitée par une conscience. Ou bien, comme dans le film réalisé par Wally Pfister, Transcendanc (2014), en téléchargeant sur un disque dur de super-ordinateur les données numérisées de la conscience individuelle. Devenues ainsi immortelles, nos consciences entreprendront de coloniser l’univers entier jusqu’à le rendre globalement intelligent l’éveillant ainsi à lui-même tel un Dieu endormi. Pour Ray Kurzweil l’annulation de la mort représenterait un bond prodigieux dans la conservation des connaissances et des expériences puisque, selon un proverbe africain, « un vieux qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ».

 

Pour farfelu qu’il apparaisse, ce programme dispose de son université en Californie, d’énormes moyens financiers ainsi que d’une cohorte d’aficionados scientifiques de par le monde qui multiplient colloques et recherches. Il est donc à prendre au sérieux. Ses retombées impacteront notre proche avenir commun.

Il est possible cependant de lui opposer quelques solides objections. Déjà envisager sans plaisanter que la conscience puisse un jour être téléchargée sur une clé USB témoigne d’une piètre connaissance de l’humain... En fait Kurzweil lui-même reconnaît qu’on ne sait pas exactement ce qu’est la conscience. Dés lors il y a dans son discours une bonne part de science-fiction.

Ensuite la fin de la mort signifierait la fin de toute nouveauté possible. Une parole talmudique dit qu’il se trouve en chaque être qui naît une étincelle de nouveauté que son possesseur est chargé d’apporter au monde afin que ce dernier ne vieillisse pas. Sans acceptation de la mort, il n’y a plus de naissance possible, donc ni nouveauté ni espérance. Sans le dire les transhumanistes nous condamnent au cauchemar du vieillissement infini.

Il faudrait surtout méditer sur le fantasme de toute-puissance qui est à l’œuvre dans l’idéologie des transhumanistes. Il se pourrait que cette croyance new look sème les ferments du totalitarisme 2.0.

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Commentaires

J`aime votre maniere de voir, exprimée dans les trois dernier paragraphes. J`ajouterais seulement que, meme si cela était techniquement possible, "vaincre la mort" (meme pour quelques siecles) reviendrait a ne vivre que pour durer dans la matérialité, ce qui finirait vite par etre d`un ennui... mortel.

Écrit par : JJ | 26/01/2018

Pour ce qui est par ailleurs du "transvasement" de la conscience, on se heurte non-seulement a notre ignorance de sa nature mais aussi au fait que le cerveau semble etre plutot le récepteur de la conscience que son générateur. Le neurochirurgien américain A.Eben s`est retrouvé en état de mort cérébrale pendant plusieurs jours et, au retour de sa conscience, il a pu faire le récit détaillé de ce qui s`était passé autour de son lit d`hopital pendant qu`il était censé etre dans le blackout total du fait de son activité cérébrale réduite a zéro. Voici une petite vidéo intéressante relative au sujet: https://youtu.be/VVt1wgAt5qk (ayatollahs rationalistes s`abstenir).

Écrit par : JJ | 27/01/2018

Le cerveau humain ne serait qu’un récepteur, analogie avec un poste de radio ou une télévision ou un téléphone portable ? Fort bien, mais où se situent le ou les émetteurs ? Quels sont-ils ? Sans vouloir du tout jouer à l’ayatollah rationaliste (je n’ai plus l’âge pour être raisonnable...), je vous renvoie à cet article du Nouvel Obs dont j’apprécie le préambule :

« La conscience est-elle immatérielle, ou le résultat de phénomènes biologiques ou physiques ? Certains scientifiques proposent des réponses... Qui, pour notre chroniqueur scientifique Jean-Paul Fritez, ne peuvent que générer des débats métaphysiques. »

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1628946-le-cerveau-humain-abriterait-la-conscience-et-si-la-science-eventrait-le-concept-d-ame.html

Le discours du neurologue est intéressant, mais prouve bien, si besoin en était, que la médecine, n’est vraiment pas une science exacte… D’ailleurs, laquelle l’est-elle vraiment, me demande Archimède, mon chat assis sur le bureau à mes côtés (c'est un grand sceptique...) ?

Écrit par : Gislebert | 27/01/2018

Il est clair, Gislebert, que nous n`avons pas la réponse a la question. Repassez dans quelques dizaines d`années, peut-etre l`aurons-nous alors. Nous n`avons pour l`instant qu`une observation scientifique (autant qu`elle peut l`etre) contredisant la théorie de la conscience intra-cérébrale et le déni de ces observations me parait plus proche de l`irrationnel que la remise en question de ce que l`on croyait savoir. Évidemment, tout ca ne fait pas l`affaire de la religion dont le credo est de croire a la rigoureuse causalité organique-conscience.

Écrit par : JJ | 27/01/2018

"A-t-on trouvé un "siège de la conscience" dans le cerveau humain ? C'est ce que pourrait laisser penser une étude réalisée au Beth Israel Deaconess Medical Centre, le centre hospitalier de l'école de médecine de Harvard (USA), qui vient d'être publiée dans la revue spécialisée Neurology."
Elle est bien bonne, celle-là. Jusqu'où notre monde dit scientifique compte-t-il régresser ? Où ailleurs que dans le cerveau humain pourrait se trouver le "siège de la conscience"? Il doit y avoir quelques centaines d'années que la question est close, quand on a compris que ce n'est pas dans le coeur...

Écrit par : Géo | 27/01/2018

Merci à tous de cet échange de belle tenue ! La nature de la conscience reste, pour le moment, une énigme. Certains biologistes estiment que la conscience est une création collective. Les cas d'enfants sauvages (enfants perdus bébés et élevés par des animaux) et leur retard de conscience semblent aller dans ce sens. Mais il faut être prudent. En tout cas, le transhumanisme nous amène à des débats métaphysiques et cela est réjouissant. Il nous reste au moins ça...

Écrit par : vincent schmid | 27/01/2018

D'abord, merci à Vincent Schmidt de venir se frotter ici. Voilà qui apporte un joli souffle aux blogs de la Tdg. Longue vie à "Mes notes en bas de page".

Je ne résiste pas à venir étaler un peu mon ignorance sur ces sujets fascinants.
J'ai assisté à la conférence de Luc Ferry à Hermance sur son dernier ouvrage sur le transhumanisme. Si le type est vraiment éloquent et parfois marrant, il m'a donné l'impression d'effleurer à peine le sujet alors que son bouquin lui a pris trois ans pour le rédiger si bien que le contenu est déjà un brin obsolète.
Et comme il consomme du Uber...

Plaisanteries mises à part, je vérifie dans le lien de Gislebert que nos scientifiques ont tous un avis parfois très divergent. Pas de consensus en vue.

Concernant le libre arbitre, les travaux dans les années 80 de Benjamin Libet m'ont interpellé. Il suggère que l'information est présente dans le corps avant la validation par le cerveau ce qui réduit le libre arbitre à presque néant. Il reste au cerveau le droit de veto ce qui semble bien maigre.

Pour l'âme, malgré les innombrables témoignages d'expériences proches de la mort (NDE) ou la mythologie du bouddhisme tibétain qui tente de prouver la réincarnation des Rimpoche par la reconnaissance d'objets, il n'y a rien de tangible sur quoi s'appuyer.

La conscience est un objet qui semble un peu plus concret en ce sens que nous disposons d'éléments qui expliquent le développement personnel de chacun en tenant compte de l'inné et de l'acquis.

Mais en règle générale, j'observe pas mal de confusion dans les termes et notamment dans leurs traductions dans les diverses langues.

Au final, j'ai le sentiment que cet inconnu, heureusement inaccessible, permet une créativité inépuisable. La mort devient le moteur de la vie. Notre finitude et notre angoisse de disparaitre nous incite à nous projeter dans des mondes au-delà. Le transhumanisme en est un.

J'ai toujours éprouvé une réticence envers les croyances. Comme Thomas, je demande à vérifier par moi-même. C'est d'ailleurs ce que suggèrent les bouddhistes sans se rendre compte de l'impossibilité matérielle de vérifier leur théorie de réincarnation que même le Dalaï Lama tente de relativiser.

J'ai le sentiment que nous sommes beaucoup moins séparés du reste du monde, des autres quels qu'ils soient, animaux, plantes, humains et tout ce qui vit, que nous le pensons. Certes nous avons développé des individualités dans nos corps distincts et nous éprouvons le besoin de personnaliser nos expériences pour mieux les communiquer. Pourtant, je pense que ce que nous appelons l'âme ne saurait se réduire à la synthèse d'un individu et je ne verrais pas l'utilité de sa transmigration. Car ce qui importe n'est pas le véhicule, mais l'expérience.
Je disparais volontiers sans laisser de trace le moment venu, mais en attendant je fais de mon mieux pour participer à l'aventure. La seule trace qui pourrait éventuellement subsister au travers de ma descendance et de ceux que j'aurai côtoyé sera la synthèse de ce qu'ils en auront fait pour, à leur tour, transmettre. Et ainsi, tel un corps collectif, nous avançons sans aller nulle part, juste reconnaissants de pouvoir être un petit moment, du mieux qu'on peut, avec ce que l'on a.

Écrit par : Pierre Jenni | 27/01/2018

Selon le Dalaï lama seule la conscience ne naît ni ne meurt.

Il y a tant de capacités de notre cerveau naturel à développer... voire à découvrir...

la mort sera-t-elle vaincue comme annoncé en cet article ou la mort sera-t-elle vaincue parce que nous nous connaîtrons mieux en comprenant autrement ce qu'est la mort dite en certains milieux passage...

Passons sur l'autre rive, est enseignement évangélique.
Parce qu'évangélique enseignement indiscutablement faux?

A l'âge d'environ huit ans, selon les milieux, environnement et conditions de vie un enfant est en mesure de réaliser soudain qu'il dialogue intérieurement "délibération intime" avec une sorte d'autre lui-même.

Selon l'état où nous aurons condamné cette planète sera-t-il heureux d'y vivre éternellement si nous ne pouvons pas aller en d'autres terres étrangères dans l'immensité céleste?

Ou nous y rendrons-nous afin de poursuivre en "toute sérénité" nos erreurs criminelles du passé comme d'un présent précurseur d'un nouveau futur appelé à son tour à devenir passé?

Écrit par : Myriam Belakowski | 27/01/2018

Admettons que cette singularité, que certains conçoivent comme une nouvelle étape et forme de l'évolution humaine, se produise. Elle correspondrait selon moi à l'émergence d'une nouvelle espèce, ce qui poserait probablement des problèmes théologiques d'envergure.
L'idée de la disparition de l'humanité (ou d'une partie d'entre elle) touche évidemment le croyant de manière quelque peu différente (du moins intellectuellement) qu'elle ne touche l'athée, même si les deux peuvent également avoir de l'amour pour elle. C'est un aspect que je n'entends pas examiner ici.
J'attire cependant l'attention sur deux conséquences logiquement probables de la singularité, si elle correspond effectivement à la naissance d'une nouvelle espèce.
D'une part, je doute qu'elle s'applique rapidement, ou s'applique du tout, à l'ensemble de l'humanité, ce qui engendrerait un coexistence de deux entités partageant une origine ou certaines caractéristiques communes, une division beaucoup plus profonde donc que celle qui existe actuellement entre les super-riches et les autres. L'idée du "ferment de totatilarisme" évoquée par l'auteur du blog pourrait alors bien être le "début d'un nouvel esclavage" institutionnalisé et fondé sur des différences de capacité patentes.
D'autre part, il me semble quelque peu vain de spéculer sur ce que pourraient être les conséquences mentales d'une telle révolution, telles que l'ennui de vivre éternellement, alors même que nous ne pouvons le faire que selon nos conceptions et nos sentiments actuels.
Dans certains domaines de la science, la singularité est parfois défini comme un point auquel les règles de la science cessent de régner et leur ordre s'effondre. Si la singularité dont parlent les transhumantes fait référence au même type de concept, nous ne pourrions donc logiquement pas appliquer nos concepts de l'humain à ce qui naîtrait de cette singularité.
Je reconnais cependant que nous ne pouvons qu'être tentés de le faire, surtout ceux d'entre nous qui voient cela comme une course vers une abîme plutôt que comme une libération, course qu'ils tentent ainsi de freiner ou de suspendre complètement.
Cette course aurait été décrite par les anciens comme une démarche inspirée par l'hubris, un forme d'orgueil que le christianisme exprimera plus tard par la notion de pêché (pardonnez ce raccourci ou ce rapprochement à quelqu'un qui n'est ni théologien ni croyant) et donc oeuvre diabolique. De tous temps condamnée, la démarche a inspiré en particulier la fiction de Mary Shelley sur la créature du Dr Frankenstein, coupable de vouloir s'arroger le pouvoir divin en insufflant l'étincelle de vie dans un agglomérat de cadavres.

Écrit par : Mère-Grand | 27/01/2018

La notion de Singularité doit aussi être interrogée car elle est loin d'être claire ! Je vous renvoie à l'excellent petit essai de JG Ganascia, "Le Mythe de la Singularité" (Seuil). Il montre de façon convaincante à mon avis que la Singularité est une notion hybride qui doit autant à la science-fiction (mythos) qu'à la rationalité scientifique (logos). Le transhumanisme n'est pas seulement un courant de pensée néo-positiviste et matérialiste, c'est aussi une variante contemporaine d'une attitude religieuse très ancienne, la Gnose. En postulant le salut de l'homme par l'homme au moyen du progrès infini de la connaissance, il met au goût du jour une forme de croyance messianique qui n'est pas neuve du tout. En lisant Kurzweil et quelques autres, j'ai parfois l'impression d'avoir affaire à du Teilhard de Chardin détourné, un Teilhard débarrassé de la transcendance divine au profit de l'auto-transcendance l'homme....

Écrit par : vincent schmid | 28/01/2018

Le transhumanisme concernera ceux qui en auront les moyens.

Transhumanisme qui, selon ses effets pourrait éclairer la parole évangélique connue Bienheureux les pauvres (souvent en paroisses ouvrières laissée dans l'ombre la fin de la citation soit: Bienheureux les pauvres "en esprit"!

Transhumanisme, selon ses effets ainsi qu'avenir de ses futurs nouveaux singuliers "Immortels": Bienheureux les pauvres c'est-à-dire
ceux qui par manque de moyens n'y en auront pas eu accès

à moins que pour raisons variées les pauvres, cobayes, soient contraints au transhumanisme... en ce cas, selon ses effets, toujours, cauchemar possible prévisible pour eux, les "pôvres".

Écrit par : Myriam Belakowski | 28/01/2018

Le transhumanisme va, dans un premier temps, participer a l`économie de marché en tant que produit de consommation inaccessible a la majorité. Comme les exclus voudront eux aussi profiter des joies du transhumanisme, par exemple en restant jeunes bien plus longtemps, ils obligeront les pouvoirs politiques a dépasser la logique mercantile prévalant aujourd`hui sur la planete ou, au contraire, établir de force un systeme planétaire élitiste dans lequel seuls les plus riches auront droit a la jeunesse prolongée et aux divers autres avantages du transhumanisme. Dans le dernier cas, il faudra probablement instaurer un systeme planétaire fasciste de type orwellien sans lequel il sera difficile d`exclure la moitié de l`humanité du Canaan de la santé et de la jeunesse prolongée ainsi que de la jouissance de diverses facultés physiques et intellectuelles "augmentées".

Écrit par : JJ | 28/01/2018

Vous avez raison de souligner l'aspect économique, et donc profondément inégalitaire, du transhumanisme. Il y aura des laissé pour compte, ceux qui ne pourront pas s'offrir des "augmentations de capacité" et ceux qui se tiendront à l'écart pour des raisons philosophiques ou religieuses. Tous ceux-là passeront par perte et profit et finiront par s'éteindre d'eux-mêmes, comme le Neandertal a fini par disparaître, supplantés par une espèce supérieure. Cela n'est pas en contradiction avec le schéma de la Gnose, au contraire: le salut sera réservé aux élus et à eux seuls...

Écrit par : vincent schmid | 28/01/2018

Aujourd`hui, la moitié de l`humanité peine a simplement se nourrir tous les jours. Cette moitié-la est donc appelée a etre "passée par pertes et profit" mais aussi une bonne partie de l`autre moitié qui, bien que vivant dans les pays dits "riches", ne peut se permettre les soins médicaux de pointe de plus en plus nombreux qui sont exclus des systemes d`assurance-maladie de base. Tout ca risque de faire pas mal de monde -en fait la majorité de l`humanité- et il n`est pas certain que ces milliards d`individus acceptent d`etre passés par pertes et profit. D`un autre coté, les privilégiés revant de jouir au plus vite des avantages du transhumanisme ne feront surement pas pression sur les législateurs pour arreter le progres technologique (a supposer que ce soit possible).

Écrit par : JJ | 28/01/2018

Ce que je veux dire, c`est que les prodiges promis par le transhumanisme -dont plus d`un va probablement se réaliser dans les prochaines décennies- pourront etre matiere a une profonde remise en question des modes de distribution des biens, que ce soit dans le sens d`une plus grande solidarité ou d`encore plus d`inégalité.

Écrit par : JJ | 28/01/2018

JJ pose une question intéressante dans le contexte suisse d'assurance obligatoire qui suggère une solidarité hors classes.
L'explosion des coûts de la médecine s'explique aussi par ces recherches et cette quête du prolongement de la vie ad infinitam.
On peut se demander jusqu'où cette solidarité va pouvoir s'exprimer et si les soins en questions seront couverts pour tous.
A défaut, c'est tout le système qui s'écroule.

Pour tous ceux que le sujet passionne, je recommande vivement l'ouvrage du pneumologue Jean Orehek, "Gênes et sentiments, la révolte du cerveau" qui explore ce domaine en suggérant, non sans humour, la situation d'un cerveau dans un bocal, débarrassé des limitations du corps.

Écrit par : Pierre Jenni | 28/01/2018

Qui décide de qui seront les élus:

ceux qui ne respectent pas les prodiges de la création naturelle en les développant
ou les "Supérieurs" à venir?

De qui la Bible annonce-t-elle qu'ils rentreront chez eux les mains vides:

ceux demeurés "doux et humbles de cœur" ou les Superbes Supérieurs à venir?

Quel sens prend aujourd'hui le christique "Tout est vanité"?

Écrit par : Myriam Belakowski | 28/01/2018

@Pierre Le systeme économique actuel ne permet pas une couverture des soins plus étendue, que ce soit en Suisse ou ailleurs. La tendance est meme a la réduction de cette couverture. De ce fait, a moins que le systeme ne change, les joies du transhumanisme resteront du domaine du reve pour tous ceux qui, aujourd`hui, n`ont pas meme les moyens d`une assurance-maladie complémentaire et je ne parle pas de tous les pays dont la plupart des habitants n`ont acces a pratiquement aucune couverture des soins médicaux.

Écrit par : JJ | 28/01/2018

Mais il y a encore plus effarant... trafiquer dans le cerveau des gens, nous a-t-on appris il y a déjà pas mal d'années, mettront certains d'entre nous ainsi "scientifiquement" modifiés dans l'incapacité de se demander si ce qu'on leur demande ou attend d'eux est moral ou non... ce qui revient à dire que des monstres tels qu'Hitler, et tous les autres, en comparaison à ce qui se prépare, ou est déjà réalisé, seront comparables à d'aimables joueurs de flûtiaux et de flûtiaux... en sucre d'orge.

Écrit par : Myriam Belakowski | 28/01/2018

C`est vrai, Myriam, mais n`oubliez pas qu`il n`est pas besoin de "trafiquer dans le cerveau" pour manipuler l`esprit. Ainsi aujourd`hui des leaders se disant religieux implantent dans l`esprit de leurs adeptes, uniquement par le verbe, la haine et le désir d`anéantir ceux qui ne partagent pas leurs croyances pendant que des politiciens se prétendant "chrétiens" infectent de meme maniere leurs électeurs avec la peur ou le mépris de l`étranger.

Écrit par : JJ | 28/01/2018

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