30/01/2018

LES IMAGES NE SONT PAS NEUTRES

Le numéro de février du respectable mensuel romand Réformés s’est offert un joli coup de buzz en choisissant d’illustrer un dossier sur l’orientation sexuelle par une photographie qui a suscité les réactions véhémentes de nombre de ses lecteur et un accès de fièvre sur la Toile. La photo, très esthétisante et intitulée Crucifix, ne couvre pas moins de 1,3 page. Elle représente deux hommes nus, l’un de peau sombre et l’autre de peau claire, enlacés en forme de croix. Elle est due à une artiste suédoise qui milite pour cette cause dans les Eglises, nous est-il expliqué.

Précisons d’emblée que je n’ai pas la moindre objection contre le fait d’ouvrir un débat sur l’orientation sexuelle. C’est un sujet sérieux qui mérite qu’on y réfléchisse à tête reposée. Appartenant à la vieille école, j’ai tendance à penser que chacun se débrouille comme il peut (plutôt mal en général…) avec l’intimité qu’il a reçue de son incarnation et que tant que cela ne sort pas du cadre fixé par la loi civile, il n’y a pas lieu de porter de jugement. Le rôle des Eglises chrétiennes est de recevoir celles et ceux qui le souhaitent sans discrimination quand à leur sexualité, avec la garantie de la discrétion, puisque l’intime est fait pour le rester. En principe, une même Parole est adressée à tous. Différente est la question du mariage religieux des personnes de même sexe, qui soulève des arguments théologiques contradictoires et qui à cause de cela est très controversée, comme on le constate dans les milieux chrétiens depuis pas mal de temps. C’est ce thème en particulier que le mensuel a choisi d’aborder. Pourquoi pas ? Encore une fois, il n’est pas de sujet tabou.

Revenons cependant aux images. Le moins qu’on puisse dire est que celle qui a été choisie pour illustrer le dossier n’est pas neutre. Décryptons-là. Elle mêle trois thèmes, l'homosexualité, l'antiracisme et la croix. Le problème est que d’emblée, cette image-là fonctionne comme une arme d'intimidation massive. Elle interdit le débat au moment même ou le journal prétend l'ouvrir. En effet de façon subliminale, quiconque émettrait la moindre objection ou critique se trouverait stigmatisé et culpabilisé: il passerait pour homophobe, raciste et en plus accusé de participer à la crucifixion de la minorité défendue par la photographe. Le paradoxe est en qu’en reproduisant une illustration aussi partisane et aussi visuellement envahissante, s’accomplit une sorte de contre-performance. La discussion est close avant d’avoir commencé. Les résultats les plus clairs sont la frustration du lecteur et l’exacerbation des passions et c'est la qualité de la réflexion qui en est la première victime. La sobriété, l’équanimité et le respect des avis contradictoires sont atomisés par la puissance de l’image.

Cette mésaventure d’un mensuel protestant piégé par une image pourrait prêter à sourire. Le calvinisme n’est-il pas traditionnellement crédité d’un iconoclasme sourcilleux ? « Tu ne te feras pas d’image… » Pourtant cette antique exhortation pourrait bien résonner à nouveaux frais à l’heure de l’omnipotence du spectacle permanent et mondialisé. Sois prudent avec les images car elles peuvent embrumer ta réflexion et rendre ta parole insignifiante. Tiens, cela me donne envie de relire la Société du Spectacle de Guy Debord, qui pourtant n’était pas calviniste !

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Commentaires

L'image est à la fois provocatrice et source de débat en soi sur nos démons prêt à surgir si on ne les repoussait pas.
L'image nous renvoie sur notre façon de juger les autres. Y'a t'il une logique à prendre des critères comme la race, l'orientation sexuelle, la hiérarchie sociale, ... ?
Bien sur que non. Seule la bonté devrait être un critère.

Ceux qui voient l'image comme une provocation et entre en colère, n'ont pas, en général, la fibre du débat, et préfère les certitudes qui n'entre pas en conflit avec leur propre instinct, même si cet instinct est en conflit avec le christianisme.

La provocation enferme encore plus dans les certitudes, les gens qui ne sont pas ouvert aux débats.
C'est pourtant cette catégorie de personnes qu'il faut amener à débattre, pour qu'ils laissent tomber des certitudes instinctives stériles et optent pour une réflexion constructive.

Donc je suis d'accord avec vous, c'est un loupé. Inutile de prêché les convaincus.

Écrit par : motus | 30/01/2018

Je ne cherche pas à prêcher des convaincus mais à démonter une propagande qui déstabilise une quantité de chrétiens de base ( et peut-être de non chrétiens aussi, qui sait) et qui ne grandit pas ceux qui la mettent en oeuvre. Simple exercice de raison critique!

Écrit par : vincent schmid | 30/01/2018

"Le problème est que d’emblée, cette image-là fonctionne comme une arme d'intimidation massive. Elle interdit le débat au moment même ou le journal prétend l'ouvrir."
C'est très bien vu. Excellent billet, merci de l'avoir écrit.

Écrit par : Géo | 30/01/2018

"La provocation enferme encore plus dans les certitudes"
Vous avez tout à fait raison, et c'est encore plus vrai pour l'agression verbale, assez fréquente sur les blogs. Il s'agit presque toujours soit d'une manière de rameuter autour de soi les tièdes ou hésitants, soit de d'un exercice narcissique pour se valoriser ou se persuader soi-même.

Écrit par : Mère-Grand | 30/01/2018

Encore une fois, chapeau pour votre lucidité, que vous avez en plus le talent de ne pas noyer dans un flot de rhétorique. Cette lucidité, les rédacteurs du mensuel ne l`ont apparemment pas eue en choisissant la couverture ou alors ils ont délibérément choisi de créer un effet de choc pour secouer l`apathie ambiante. Je me demande ce que le Christ penserait de cette image. Je crois qu`il comprendrait certainement que l`intention est louable et il sourirait... ce qui ne m`empeche pas de penser que les rédacteurs auraient pu faire mieux.

Écrit par : JJ | 30/01/2018

"Je me demande ce que le Christ penserait de cette image. Je crois qu`il comprendrait certainement que l`intention est louable et il sourirait."
Pure spéculation assez faible. L'homosexualité à son époque était vraiment le fait du Diable, et ce n'était pas des mots en l'air...
Il n'y a, selon mes souvenirs, aucune allusion bienveillante envers cet affreux péché (!), ni dans l'Ancien ni dans le Nouveau Testament. Au contraire, Sodome...

Écrit par : Géo | 30/01/2018

Pour être précis cette allergie à l'homosexualité est inhérente à la culture et la religion juives du temps de Jésus. Ce d'autant plus que les civilisations environnantes hellénistiques et romaines se montraient beaucoup plus tolérantes à cet égard. Il fallait se démarquer d'autant plus de ces païens sans principe, du moins selon les auteurs de la Bible. L'exemple plus flagrant est Romains 1. S'adressant aux chrétiens minoritaires de Rome, l'apôtre charge sans nuance la société romaine qu'il accuse de décadence. Dans son esprit la toute petite minorité chrétienne représente le ferment de la régénération morale future de l'Empire. Même en admettant qu'il y a dans ces passages pas mal d'effets rhétoriques, il faut reconnaître que ça ne facilite pas les choses pour une application contemporaine, à moins de mettre les Ecritures de côté délibérément. Mais au moins, il faut le dire franchement!

Écrit par : vincent schmid | 30/01/2018

Je crains Géo, que vous vous seriez senti a l`aise au temps de l`Inquisition. Il vous reste toujours la possibilité de rejoindre l`État Islamique (si vous vous dépéchez) qui punit également de mort l`homosexualité. Pour ma part, je pense que le rejet de l`homosexualité pour raison morale est fondamentalement incompatible avec l`enseignement du Christ et je laisse volontiers l`Ancien Testament (la "Bible juive") aux adorateurs d`un Dieu de vengeance et de fureur.

Écrit par : JJ | 30/01/2018

Vous n'avez pas tort non plus. Il y a en effet dans l'enseignement du Christ des éléments susceptibles de dépasser l'allergie dont je parlais plus haut. Mais il faut tout de même extrapoler un peu. Quoiqu'il en soit, c'est exactement dans cette tension que se tient le débat actuel. On voit combien il est sur le fil de l'arête...

Écrit par : vincent schmid | 30/01/2018

Pour moi qui suis athée un croyant devrait toujours se tenir à l'interprétation la plus tolérante, bienveillante et même la plus aimante de son texte sacré.

Écrit par : Mère-Grand | 30/01/2018

Monsieur Vincent Schmid,

On ressent les choses ou non et pas mal de personnes ont découvert par traitements sérieux leurs problèmes à leur père ou à leur mère.
Certains, après traitements, n'ont plus compris comment ils avaient aimés des personnes de même sexe d'autres, tout en ayant compris leur situation, ont poursuivi leurs rapports homosexuels... mais une autre image, celle de "Jean couché sur le sein du Seigneur Jésus" (ultime repas) avec Judas, ce que voyant, apparemment, se levant pour aller dénoncer Jésus qui vient de lui dire d'aller faire ce qu'il projette (pourquoi, en ce cas, Judas n'a-t-il pas dénoncés les deux Jésus et Jean?) inspira les homosexuels américains, notamment, pour faire avancer leur cause

et les psychiatres furent contraints de ne plus évoquer l'aspect pathologique de l'homosexualité (ouvrages d'Arthur Janov pour cette courageuse précision)

d'autres ont vu en Jésus l'image divine maternelle de Dieu (qui, Ancien Testament, se compare à une poule appelant ses poussins) et Jean reposant sur ce sein maternel divin (Jésus vrai homme et vrai Dieu)

avec, pourquoi pas, une invitation à la sublimation des sentiments amoureux l'"homme, écrivait Maurice Zundel, passant l'homme" pourquoi pas invité cet homme à mieux réfléchir à l'amour avec le risque de banalisation des sentiments?

Il y a sans doute des couples hétéros ou homos heureux mais la lecture d'articles sur la sexualité (scatologie, zoophilie, sadomasochisme, etc.) sans amour ni respect inquiète sinon pour soi selon l'âge mais pour nos jeunes...?


Et l'Eglise a le problème des dits tabous sexuels bibliques à commencer par la pénétration anale

une porte en ouvrant une autre... pour finir la conclusion à un tel travail en toute âme et conscience et sans parti pris confirmera-t-elle l'aspect annoncé "tabou insensé biblique" ou ce tabou biblique sera-t-il perçu plutôt comme un garde-fou?

Bonne soirée, Monsieur Schmid.

Écrit par : Myriam Belakowski | 30/01/2018

Vous avez raison, monsieur Schmid, ce n`est pas simple car le coeur du débat est non pas tant l`homosexualité que le mariage homosexuel. Qui dit mariage dit enfants et donc les éventuelles répercussions psychologiques sur les enfants élevés par des parents de meme sexe. Ainsi, il me semble que ce débat devrait concerner plutot la psychologie et que si la religion prend d`emblée position, cela risque de compliquer encore les choses. Malheureusement, les psychologues refusent de prendre position sur une question aussi controversée, ce qui laisse pour l`instant le champ libre a la religion et a la politique avec, a la clé, le réductionnisme émotionnel dans un sens ou l`autre.

Écrit par : JJ | 30/01/2018

"rejoindre l`État Islamique (si vous vous dépéchez) qui punit également de mort l`homosexualité." Pas besoin de prendre ce genre de risques, il suffit de se rendre dans n'importe quel pays musulman. Évidemment, cette peine de mort n'est appliquée que très rarement, vu la popularité de l'homosexualité dans ces populations. A ceux qui déplaisent au régime...
L'Inquisition, moi ? Vous êtes en train de manifestement inverser les rôles.

Écrit par : Géo | 30/01/2018

JJ@ En fait, les chrétiens ont déjà pas mal de peine avec la sexualité tout court, la sexualité comme mode de reproduction. Pour parler un peu le jungien, la Vie du Christ est un mythe héroïque, un modèle à suivre. Et il n'y a pas de sexualité dans cette vie, quoi que puissent fantasmer certains...
Alors l'homosexualité ! Le plaisir charnel pour le plaisir ! Enfer et damnation éternelle...

Écrit par : Géo | 30/01/2018

Suivre la voie du Christ est un choix mais on ne choisit pas d`etre hétéro-
ou homosexuel.

Écrit par : JJ | 31/01/2018

Le Christ se dit le fils unique du Père puis partage "Notre" Père qui êtes aux cieux

mais parfois, comme à la fin du repas ultime, il donne le sentiment de s'embrouiller les pinceaux la moindre (Renan).

Or, et ce qui suit est historique (Jules Isaac, Jésus et Israël, Fasquelle)

n'étant pas le fils de Joseph Jésus qui fut traité de "bâtard fils d'impure" n'était pas heureux en famille.

Balancés en mythologie "bâtard" deviendra le fils unique de Dieu, ("Je crois en Dieu(...) et en Jésus-Christ, son fils unique": Credo) et "impure"... la Sainte Vierge.

Avec "impure" il faut être prudent car, en ces temps, impures étaient prétendument les femmes ayant leurs menstrues et, par simple contact y compris indirect une femme accoudée sur un meuble rendait impur l'homme en face d'elle accoudé sur le même meuble.

Une connaissance juive disait que le mystère entourant la naissance de Jésus est que le voisin étant entré chez elle de nuit en se faisant passer pour Joseph avait abusé d'elle en un temps du mois où ayant ses menstrues Marie n'aurait pas été en état de pouvoir attendre un enfant.

S'agissait-il réellement de menstrues ou s'agissait-il d'une maladie avec saignements sans pour autant rendre une femme stérile?

on réalise ainsi à quel point il faudrait être prudent avec les dogmes - immaculée conception - et de bonne foi.

la sexualité, qu'ils le veuillent ou non, ou affichant la sérénité... pose problème aux théologiens "bibliques"!

Le temps passe, on ne lapide plus les femmes en nos pays civilisés.
Selon où l'adultère n'est plus un délit.

La vie évangélique de Jésus n'est pas à proprement une biographie et personne ne devrait inventer ce que bon lui semble.

Mais l'état de notre planète, la situation générale, ne devrait-ils pas passer avant tout autre chose en commençant par se demander dans nos vies ce qui est amour et ce qui ne l'est pas

ou plus.

Prédications qui devraient s'imposer plus que futilités badines histoire de plaire tout en ne se mettant pas à dos certains "puissants" paroissiaux voire politiques... sans plus tenir compte du ressenti légitime des autres paroissiens.

Démarche dénoncée d'"entre-soi" comme d'indifférence et de mépris d'autrui allant désormais de soi côté Synode.

Il y a une bonne trentaine d'années à propos des pasteurs homosexuels nouveau cru un jeune de seize ans pâle comme la mort a dit qu'ils "se font enc(...) la nuit puis marchent en avant dans le temple le dimanche matin.

Écrit par : Myriam Belakowski | 31/01/2018

"Suivre la voie du Christ est un choix mais on ne choisit pas d`etre hétéro-
ou homosexuel." A première vue, cela paraît une de ces grosses évidences dont les petits margoulins de notre société ont le secret. Sauf que si on y réfléchit deux secondes : et si justement ceux qui ont la Foi seraient aussi déterminés hormonalement que ceux qui se découvrent si faibles en hormones de leur sexe qu'ils ne sont plus attachés à conquérir l'autre ?
Dieu existe, certainement. Mais entre vos deux oreilles...

Écrit par : Géo | 31/01/2018

Si vous le dites...

Écrit par : JJ | 31/01/2018

"Prêcher les convaincus" je ne parlais pas de vous, mais du journal.

Quant à l'homosexualité. Si Jésus pensait que c'était un sujet important, il en aurait parlé. Il a lavé les pieds d'une prostitué, qui devait être vu par les juifs comme tout aussi impure que les homosexuels.

La Références reste la philosophie de Jésus, et non des Ecritures qui se mettent à se prendre pour l'esprit de Jésus. Et encore moins l'Ancien Testament.

C'est l'humain qui au nom de jugements à différentes époques, sans rapport avec Jésus, ont introduits des imbécilités qui vont à l'encontre de la parole de Jésus.

Jésus est venu pour balayer la part humaine de l'Ancien Testament pour nous enseigner l'amour, la tolérance pour tous. Et des chrétiens ont réintroduit des jugements que Jésus de par sa bonté renierait avec force.

S'éloigner de la philosophie de Jésus, et juger en son nom, c'est en quelques sortes se prendre pour Dieu.

Quant aux chrétiens qui sont plus attachés à l'Ancien Testament qu'à Jésus, cela correspond certainement à l'exigence élevée de la philosophie de Jésus qui n'est pas facile à suivre.

Ce débat s'inscrit entre chrétiens nourris par l'Ancien Testament et les chrétiens nourris par la philosophie de Jésus.

Écrit par : motus | 31/01/2018

Ah je comprends votre remarque! On ne saura jamais ce que Jésus pensait de l'homosexualité. En revanche il parle du mariage hétérosexuel en des termes encore plus exigeants que ne le faisait la loi juive...

Écrit par : vincent schmid | 31/01/2018

D`accord avec vous dans l`ensemble. Je me dis parfois que la foi chrétienne ne s`en porterait que mieux si les pretres se préoccupaient moins des histoires souvent tout sauf édifiantes de l`Ancien Testament et plus de l`enseignement du Christ. Les Églises chrétiennes ne sont peut-etre pas assez conscientes de l`inquiétante étrangeté que peut avoir le Dieu despotique de l`Ancien Testament pour l`homme moderne.

Écrit par : JJ | 31/01/2018

Conquérir l'autre est-ce aimer?
Séduire?

Que veut dire "aimer"?

Apprécier, savourer... comme une cuisse de poulet?

Écrit par : Myriam Belakowski | 31/01/2018

Je crains que le Dieu despotique de l'Ancien Testament ne soit une caricature, tout comme le Dieu tout amour du Nouveau Testament. On oublie à quel point Jésus était enraciné dans sa propre tradition, à quel point il se sentait enfant d'Israël. Et cela est vrai aussi, quoique d'une autre manière, pour l'apôtre Paul. SI bien que la manière dont la Bible parle de Dieu d'un bout est ambivalente. Ce qui, si l'on prend un peu de recul, est assez passionnant. Tantôt il est question de Jésus qui s'oppose à la lapidation de la femme adultère (contrevenant à la Loi de Moïse) , tantôt il se montre beaucoup plus intégriste que les Pharisiens en écartant la possibilité du divorce...

Écrit par : vincent schmid | 31/01/2018

Cette ambivalence n`est-elle pas due au fait que les buts de Jésus et de la prétrise phariséenne étaient fundamentalement autres? Il me semble que Jésus s`efforcait d`enseigner comment s`élever spirituellement et devenir immortel alors que les pretres autour de lui se préoccupaient de maintenir la population dans la dépendance d`une pretrise se proclamant seule habilitée a garantir la bienveillance ou, au contraire, la colere divines. D`un coté l`enseignant, de l`autre un groupe de pouvoir décidé a ne pas laisser échapper ce pouvoir.

Écrit par : JJ | 31/01/2018

Il serait bon, Monsieur Schmid, d'avoir le privilège de vous lire régulièrement sur ces thèmes que vous maîtrisez extraordinairement parce qu'à la foi concernant l'histoire tragique d'Israël tout en vous exprimant avec le cœur.

Écrit par : Myriam Belakowski | 01/02/2018

Merci de votre appréciation! J'essaie de me tenir au niveau que vous dites...

Écrit par : vincent schmid | 01/02/2018

motus @ "Si Jésus pensait que c'était un sujet important, il en aurait parlé."
Étrange remarque. Voudriez-vous laisser entendre que ce n'était pas un sujet assez important ? Relisez les commentaires plus haut...
On peut aussi considérer qu'il n'en avait rien à dire, tellement il était évident que l'homosexualité était diabolique...

"Il a lavé les pieds d'une prostitué, qui devait être vu par les juifs comme tout aussi impure que les homosexuels."
Prostituée, pas prostitué. Lapsus ? Là encore, c'est un parti pris non-argumenté de votre part. Dans beaucoup de cultures, le rôle pacificateur des prostituées sur la sexualité de la société est reconnu. Marie-Madeleine n'était-elle pas justement une prostituée ? Elle était pourtant proche de Jésus, au point que "ceux qui fantasment sur la sexualité du Christ" (cités plus haut) en ont fait des amants.

Écrit par : Géo | 01/02/2018

Oui, ce blog est une bonne idée car il est bon que les hommes de religion soient aussi (avant tout?) des hommes de réflexion. Chez les catholiques, le pape Francois a donné l`exemple, avec notamment l`encyclique Laudato si. Aux protestants maintenant, de relever le gant en attendant les juifs et les musulmans.

Écrit par : JJ | 01/02/2018

Vous avez tellement raison... "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force". La pensée est en bonne place. C'est un vrai défi qu'il faut relever surtout en une époque ou la pensée n'est pas très à la mode...

Écrit par : vincent schmid | 01/02/2018

@ Géo

Une femme adultère n'est pas forcément une prostituée et l'on a retrouvé le nom de Marie-Madeleine de Magdala dans le tombeau familial de la famille de Joseph (TV, une émission datant de quelques années) ce qui confirmerait que Jésus et Marie-Madeleine étaient mariés.
Mais tel n'était pas le thème de l'article de Monsieur Vincent Schmid.

La sensibilité du public concernant la sexualité est ce qu'elle est mais on a observé à quel point les homosexuels ne respectent pas bien le sentiment d'autrui.

Que d'émissions à la télévision annoncées débats qui ont donné priorité aux homosexuels coupant sans cesse la parole aux autres non de leur avis... un pédopsychiatre cherchant à dire que la loi qui ne tient pas compte du ressenti des enfants de couples homosexuels n'est pas adaptée a été empêché de s'exprimer avec la complicité du responsable de l'émission qui n'intervenait pas.

Ce psychiatre ne pouvait dire que deux ou trois mots comme pièces d'un puzzle puis on l'interrompait ce qui, de la part des homos concernés, n'était pas faire preuve de maturité comme de simple savoir-vivre.

Les enfants ne sont pas des poupées et certains sont gênés simplement lorsqu'ils entendent à travers les murs de la chambre de leurs parents leurs ébats amoureux. Ebats amoureux entre parents hétéros...

Écrit par : Myriam Belakowski | 01/02/2018

"le nom de Marie-Madeleine de Magdala dans le tombeau familial de la famille de Joseph (TV, une émission datant de quelques années) ce qui confirmerait que Jésus et Marie-Madeleine étaient mariés. "

Donc, Jésus était cocu ?

Écrit par : Maréchal des Logis-Chef Cruchot | 01/02/2018

C`est l`Église catholique qui a tenté de faire de Marie Madeleine une prostituée car elle avait besoin d`une telle figure biblique pour illustrer sa condamnation de la sexualité en-dehors du mariage. Quant a la théorie moderne selon laquelle Marie Madeleine était "l`épouse" de Jésus, elle n`a pas plus de fondement historique. Donc, a priori Jésus n`était ni marié, ni a fortiori "cocu".

Écrit par : JJ | 01/02/2018

On peut imaginer, pour exercer notre empathie, que Jésus habité par sa mission ne disposait sans doute pas de beaucoup de temps libre à consacrer à son épouse (si épouse il y avait. Les exégètes et autres chercheurs relevant le nom de Magdala dans le tombeau familial de Joseph on affirmé que pour que ce nom soit présent il ne pouvait pas ne pas y avoir un degré de parenté et qu'en l'occurrence, seul, un mariage, était envisageable.

On note que Jésus arrive juste au bon moment pour empêcher la lapidation de la dite femme adultère qui, selon notre hypothèse, Jésus brillant par son absence au logis pouvait provoquer en son épouse un état de révolte: Moi, tromper mon mari, où est-il mon mari!?

Une autre coïncidence est le temps qui se gâte lorsque les soldats devraient, en fin de crucifixion, briser ses membres à Jésus.
Le temps virant à l'orage, ils y renoncent

Ce qui revient à dire que si Jésus n'était pas mort en croix son état était susceptible de s'améliorer (la rencontre des Marie-Madeleine/Jésus au cimetière, trois jours après la Passion, elle le prenant pour le jardinier du cimetière est peut-être bien un indice car les jardiniers se rasaient ce qui signifie que Jésus habituellement barbu ("la lame du rasoir n'effleure pas la joue du Juif pieux"!) avait été rasé ou s'était rasé car devant se cacher désormais (en cours de crucifixion, attirés par les larmes et le sang des suppliciés tous les insectes du coin rappliquaient et s'appropriaient les corps, poils et barbes des crucifiés dans l'incapacité de les chasser ce qui pourrait également expliquer le visage rasé de Jésus

car, lorsque Thomas ayant palpé les stigmates dit qu'il croit en la mort et en la résurrection de Jésus il pourrait s'entendre riposter: crucifié, certes, mais mort et ressuscité!?

Il était reconnu, et c'est historique, que nombreux étaient les crucifiés ne mourant pas en croix d'autant plus que le "coup de lance au côté" qui faisait effet de pneumothorax prolongeait la vie des agonisants.


Raffinement d'acharnement thérapeutique, si l'on peut dire

Ainsi les aumôniers auprès des malades devraient puiser force de persuasion lorsque les familles voudraient que l'on mette fin aux souffrances irréversibles de leurs parents.

N'imaginez pas que cette approche très simple comme avec bonne intention de la vérité nuise à la foi.

Écrit par : Myriam Belakowski | 01/02/2018

Voilà une analyse qui fait plaisir. Dommage qu n'ayez pas été invité par la radio. Celui que j'ai entendu lors d'un débat n'était pas aussi subtile.

Écrit par : Mireille Vallette | 04/02/2018

Monsieur Schmid,

"LES IMAGES NE SONT PAS NEUTRES"
Pourquoi essentialiser LES images? Comme pour beaucoup de choses, des goûts et des couleurs. Visiblement l'image vous a posé problème. A moi qui ne suis pas croyant, ni homosexuel, ni "de couleur", cette image ne pose aucun problème, ne me choque pas, ne soulève aucune émotion en moi. Je comprends le message. La neutralité ou non d'une image réside aussi bien dans l'auteur de cette image (avec sa volonté ou non de délivrer un message, susciter une réaction, provoquer...) que dans celui qui la regarde.

"Je ne cherche pas à prêcher des convaincus mais à démonter une propagande qui déstabilise une quantité de chrétiens de base ( et peut-être de non chrétiens aussi, qui sait) et qui ne grandit pas ceux qui la mettent en oeuvre. Simple exercice de raison critique!"
Vous vous proposez donc d'être le porte parole d'"une quantité de chrétiens de base". A quel titre? Sur quel mandat? Toute propagande pour ne pas ostraciser les homosexuels n'est-elle pas la bienvenue?
Quand un croyant parle de "raison critique", je pars d'un grand éclat de rire. Avez-vous jamais exercé votre "raison critique" sur la bible?
Foi et raison ne sont pas du même ordre.

Je regrette que vous n'ayez pas versé au débat les explication du journal:
http://reformes.ch/story/2018/01/cette-photographie-montre-la-dignite-de-la-relation-homosexuelle-lgbti-crucifix-ecce

Voilà qui est fait.

"Le problème est que d’emblée, cette image-là fonctionne comme une arme d'intimidation massive."
Pourquoi massive quand il ne s'agit que de votre réaction à vous, toute personnelle? Là encore, vous généralisez abusivement.

"Elle interdit le débat au moment même ou le journal prétend l'ouvrir."
La meilleure démonstration que cette image - au contraire d'interdire le débat - le suscite sont les 34 commentaires ci-dessus.

"Les résultats les plus clairs sont la frustration du lecteur et l’exacerbation des passions"...
Encore une fois, vous faites de votre propre réaction une généralité. C'est vous qui êtes frustré et dont la passion est exacerbée.

Vous devriez sérieusement vous poser la question de votre rapport à l'homosexualité, pour ne pas parler du racisme. L'homosexualité a été condamnée par tous les monothéismes, et le christianisme historiquement ne s'en tire pas mieux que les deux autres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Homosexualit%C3%A9_dans_le_christianisme

C'est tout à l'honneur des églises protestantes de vouloir changer d'attitude. Il est quand même piquant de constater que vous n'acceptez pas le débat sous le simple prétexte d'une image que vous, vous considérez comme blasphématoire, d'où votre émotion qui étouffe tout esprit critique. Vous ne nous faites part que de votre indignation. C'est bien sûr votre droit le plus strict. A condition de pas vous prendre comme la mesure de tout le monde.

" et c'est la qualité de la réflexion qui en est la première victime."
Effectivement, il suffit de lire votre texte d'introduction pour le constater.

"Tiens, cela me donne envie de relire la Société du Spectacle de Guy Debord, qui pourtant n’était pas calviniste !"
Je ne suis pas sûr que vous l'ayez déjà lu ou alors que vous l'ayez compris. Seriez-vous capable de nous expliquer ce qu'est le "spectacle" pour Debord? Vous devriez savoir que les Situationnistes ont été très friands de ce genre d'image, et je peux aisément imaginer qu'en voyant cette image, ils éclatent de rire!

Écrit par : Daniel | 05/02/2018

En fait, Daniel, je parierais qu'une fois de plus, vous avez lu en diagonale le billet et ignoré les commentaires.
Voici le coeur du problème, très bien défini par M.Schmid :
" Le problème est que d’emblée, cette image-là fonctionne comme une arme d'intimidation massive. Elle interdit le débat au moment même ou le journal prétend l'ouvrir. En effet de façon subliminale, quiconque émettrait la moindre objection ou critique se trouverait stigmatisé et culpabilisé: il passerait pour homophobe, raciste et en plus accusé de participer à la crucifixion de la minorité défendue par la photographe. Le paradoxe est en qu’en reproduisant une illustration aussi partisane et aussi visuellement envahissante, s’accomplit une sorte de contre-performance. La discussion est close avant d’avoir commencé."
C'est très exactement ce que j'ai ressenti et aurais été incapable d'exprimer aussi précisément.
On va vous laisser au moins le fait que vous n'entrez pas dans le jeu de ceux qui pensent que Jésus était forcément gay friendly...

Écrit par : Géo | 05/02/2018

Géo,

Peut-être est-ce vous qui m'avez lu en diagonale?! J'ai commenté l'"intimidation massive". Et j'ai argumenté sur le débat qui nous est offert ici-même suite à la publication de cette image (et qui se poursuit dans le journal en question, puisqu'une explication a été publiée). Votre ressenti - comme celui de Monsieur Schmid - vous appartient, permettez-moi d'en avoir un fort différent. (Je ne vous savais pas croyant...)
Quant à Jésus... si vous saviez...
Ce que vous savez certainement c'est qu'on trouve dans Mt ceci:
"Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé."
Et dans la loi, il y a ceci (entre autres choses):
"L'homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c'est une abomination qu'ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux." (Lévitique)
Mais on dirait que le ciel et la terre ont "passé" et que "tout" est "arrivé".

Je remercie Monsieur Schmid pour son ouverture d'esprit quant à ce débat, puisque débat il y a bien.

Géo, connaissez-vous une personne homosexuelle dans votre cercle proche? Pourriez-vous comprendre sa souffrance?

Écrit par : Daniel | 05/02/2018

Vous citez le Lévitique comme les chrétiens ont coutume de le faire, dans l'ignorance de la Torah orale qui dans la tradition juive prolonge et problématise le texte biblique, souvent pour en atténuer la sévérité. A ma connaissance dans le judaïsme les personnes homosexuelles ne sont pas mises à mort…
Je respecte, Daniel, votre ressenti. Ma réaction n'est pas dirigée contre les homosexuels mais contre la rédaction d'un journal qui n'a pas fait son travail. La photo choisie est délibérément provocatrice (je maintiens mon analyse) et le dossier n'en est pas un, c'est un tract militant. Ce qu'il aurait fallu faire c'est un dossier dialectique sur le sujet présentant les arguments pour et les arguments contre, délibérément sans image et faisant appel à l'intelligence des lecteurs et pas à leurs émotions. Je signale à cet égard la réaction officielle des autorités de l'EERV,lue ce dimanche dans tous les temples du canton de Vaud. Elle reprend exactement ce que je dis...

Écrit par : vincent schmid | 06/02/2018

Daniel@ Non, il n'y a pas dans mon cercle proche de personne homosexuel. Par contre, j'ai habité dans un immeuble où l'un des locataires l'était. Il était plutôt sympa et nos rapports étaient plutôt bons même si non sexuels...
Encore une fois, comme à propos du racisme, il ne faut pas confondre le subjectif et l'objectif. Je n'aime pas trop le lobbyisme homosexuel mais cela ne fait pas de moi un homophobe (mot erroné puisqu'à contre-sens, mais on se comprend...).
Et non, je ne suis pas croyant. J'ai même ressenti très profondément cet état dans une avalanche qui m'emmenait vers une falaise, donc vers une mort certaine. Elle ne s'est pas arrêtée juste avant par hasard, me direz-vous. A mon avis, oui.

Sur cette image, et le fait qu'elle s'attaque au lecteur sur trois points délicats différents : l'homosexualité, le racisme, le sacrilège.
Que les églises fassent un effort pour essayer de remonter la pente, celle que vous avez citée ("L'homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c'est une abomination qu'ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux." (Lévitique)), en fait, cela ne me concerne pas.
Sur le racisme, par contre, je trouve très significatif que cette oeuvre reprend le thème dominant de notre société : le métissage obligatoire. Dans les pubs mettant en scène des couples hétéros, monsieur est nécessairement noir et madame est nécessairement blanche. Le standard homosexuel s'aligne sur celui des hétéros. Si l'image montrait un couple hétéro, c'est madame qui serait dans la position du Blanc. Vulgairement parlant, cela veut bien dire ce que cela veut dire, pas besoin de l'exprimer. Cette partie du message ne me paraît pas du tout innocente, loin de là. Racisme et antiracisme sont les deux faces d'un même problème...
Sur la question du sacrilège, idem que pour la question homosexuelle dans l'église. Je suis hors jeu.

Écrit par : Géo | 06/02/2018

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