11/02/2018

L'AGE IDENTITAIRE

Selon une expression forgée par politologue Laurent Bouvet, nous sommes désormais entrés dans l’âge identitaire. Il est un fait que le thème de l’identité est aujourd’hui à la mode et puissamment répercuté par les médias. Il n’est question que de revendication identitaire, d’assignation identitaire, de malaise identitaire, de politique identitaire, voire de génération identitaire. C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.

 

La bonne nouvelle est qu’il s’agit d’une saine réaction contre la domination sans partage de « l’homo oeconomoicus », thèse qui entend tout expliquer de nos comportements par les conditions matérielles. L’homme sera d’autant plus heureux que ses besoins socio-économiques seront satisfaits, la plupart de ses problèmes s’expliquant par l’inégalité, la pauvreté ou la pénurie. Loin de moi l’intention absurde de nier l’importance du pain quotidien, elle se lit déjà au cœur de la prière du Notre Père, « Donne-nous notre pain quotidien… »

Pourtant tout ne s’explique pas l’économie au sens large, ce dont la Bible nous prévient aussi depuis longtemps : « L’homme ne vivra pas de pain seulement ».

L’économie n’est pas le dernier mot du comportement humain, ce que bien de politiques n’ont pas encore compris. Les animaux d’un zoo ont leurs besoins matériels entièrement satisfaits, bien mieux que dans la vie sauvage, ils sont soignés, choyés et dorlotés. Sont-ils pour autant plus heureux que dans la libre et dangereuse nature ? Qui peut le certifier ? Revient souvent dans mon souvenir le regard infiniment triste de Nénette, la dame orang-outang du jardin des plantes à qui il m’est arrivé de rendre visite. Banale projection de ma part ? Voire…

 

L’identité porte les questions suivantes : Qui suis-je ? D’ou est-ce que je viens ? Quelle est ma vocation sur la terre des vivants ? Comment mieux me connaître ?

Karl Marx lui-même reconnaît que ce sont là des interrogations dernières qu’il faudra mener une fois la question avant dernière de la révolution sociale résolue et réalisée. L’homme désaliéné pourra alors libérer ses forces créatrices pour une grande quête philosophique, artistique et spirituelle.

Le leitmotiv obsédant de l’identité résonne ainsi comme un légitime appel au secours de l’âme perdue dans le maelström globalitaire de la mondialisation.

 

Mais il est une moins bonne nouvelle. Le surgissement des revendications identitaires produit « en même temps » toutes sortes de confrontations plus ou moins violentes entre les religions, les ethnies, les cultures, les néo-communautés liées au genre, les tribus numériques des réseaux sociaux etc.… dans un contexte général d’affaiblissement de l’état de droit et de la laïcité lorsqu’elle s’applique.

L’historien espagnol Serafin Fanjul explique magnifiquement en quoi consistent ces confrontations : « La langue nous égare en suggérant derrière le syntagme « choc des civilisations » l’idée de grandes confrontations guerrières. Il ne s’agit pas du tout de cela, mais plutôt de confrontations quotidiennes à petite échelle, réitératives, dans la vie courante, entre des cosmogonies différentes, des notions de base, des conceptions du monde dissemblables, des morales civiques ou sexuelles, des concepts politiques élémentaires, mais qui sont déterminants dans la relation des êtres humains avec le pouvoir : la soumission totale ou l’exercice de droits et la conscience de posséder des droits. Et cela sans entrer dans des questions plus concrètes comme la position de la femme ou celle des minorités religieuses, qui heureusement ont été depuis longtemps dépassées en Europe, alors que dans les pays musulmans elles demeurent intactes ou suscitent des convulsions graves lorsqu’elles sont débattues." (1)

De manière très urgente, il convient de s’abstenir de messianiser nos identités respectives et d’apprendre à le faire si on ne le sait pas. Les penseurs classiques de l’Inde enseignent que si je pars à la recherche de cette évidence appelée « je » (qui définit en principe mon identité) en empruntant divers chemins distincts, il y a de fortes chances qu’au bout du compte, je revienne bredouille. Je découvre alors que dans mon identité dont je parais si sûr, il y a de l’ouvert que rien ne peut combler.

Devant nous aujourd’hui se tient une bifurcation décisive : l’une est celle du choc des identités qui mènera à la guerre de tous contre tous ; l’autre mène à l’approfondissement de qui nous sommes par la philosophie et/ou les religions vraiment spirituelles. Aussi vrai, a écrit Hölderlin, que l’homme se lit dans l’infini du ciel.

 

(1) Entretien avec Daoud Boughezala

10:21 | Lien permanent | Commentaires (24) | |  Facebook | | |

Commentaires

Il est un problème qui n'apparaît pas dans votre billet : le fait que les chrétiens, de plus en plus minorisés et isolés par le rationalisme ambiant, voient dans leurs frères musulmans des croyants comme eux pour lutter contre les Incroyants - dont je fais partie, comme une grande partie de la population. Le fait que les musulmans ne respectent pratiquement aucune des valeurs qui fondent la civilisation européenne me dérange quelque peu, pour ma part.
Que des gens soient croyants, et donc suivent une explication de leur Univers - une cosmologie, pour parler universitaire...- qui datent d'une époque où il n'y avait pas de distinction entre science et religion, je veux bien l'admettre parce que je suis très, très tolérant. Mais si le résultat de ces croyances intervient sur ma vie, que mes amies femmes vont perdre toute leur liberté, et que plus tard nous devrons tous payer l'impôt de la dhimmitude, oui, cela me dérange profondément. Identitaire ? Non, réaliste et honnête défenseur de ses droits.

Écrit par : Géo | 11/02/2018

Répondre à ce commentaire

Tant qu`on est piégé par son ego, on reste demandeur de tout ce qui peut le renforcer, cet ego. Ainsi, la survalorisation de soi par rapport a "l`étranger" et son corollaire, le mépris de "l`étranger", ce mépris pouvant facilement déboucher en détestation, voire haine chez les esprits les plus embrumés par leur ego. C`est la tout le terrain des manipulateurs de tout poil, notamment politiques, qui s`efforcent de prospérer sur le dos des manipulés. Pour échapper aux manipulateurs, il faut donc échapper au piege de l`ego et, pour cela il y a deux voies: celle royale de l`amour que preche notamment le Christ et celle de la connaissance de soi-meme. Aucune des deux voies n`est facile mais, comme disent les chinois, le voyage le plus long commence toujours par le premier pas.

Écrit par : JJ | 11/02/2018

Répondre à ce commentaire

Les védas en considèrent trois.
Jnana pour la tête, l'esprit, la connaissance
Bhakti pour le coeur, la compassion l'amour
Hatha pour le corps par l'ascèse, le dénuement et la rigueur dans la matière.
Aurobindo a bien vulgarisé cette sagesse des textes sacrés datant d'environ 1500 av. JC.
Comme je suis un touriste, j'ai plaisir à me balader dans ces divers "environnements" qui finissant par s'interpénétrer à tel point qu'il devient impossible d'envisager une école sans que les autres soient implicitement inclues.
J'ai découvert avec surprise que la pratique de la compassion ne prend son sens qu'avec la compréhension de la motivation et non pas par la répétition aveugle du geste juste.
Inversement, comprendre la monde sans éprouver l'émotion qui l'accompagne, c'est passer à côté et se fourvoyer dans une discipline réductrice.

Bref, ce que je voulais dire Jean en quelques lignes qui mériteraient des pages d'explications, c'est que je ne pense pas qu'on échappe au manipulateurs en prenant une de ces deux voies car l'une ne fait pas sens sans l'autre.
On ne peut connaitre et se connaitre sans aimer et on ne peut aimer sans comprendre ce que ça implique.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/02/2018

Oups... c'est pas hatha, mais karma. Les oeuvres.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/02/2018

Autre approche, moins philosophique que votre brillante note. Terre à terre. L'âge identitaire introduit non par l'invention des réseaux sociaux, mais boosté sous le faisceau mondial apporté par l'Internet, parallèle à l'obligation économico sociale de travailler pour tous adultes, conduisant à l'individualisation de la cellule familiale, explosée. Obligations économiques & d'emploi de citoyens submergés d'infos, au sein d'Etats aux exigences fiscales en hausse compensées par un interventionnisme d'Etat de plus en plus paternaliste, fabriquant une trame d'allocations de soutien au citoyen vulnérable qui se laisse être par confort, être déresponsabilisé. Au point d'étudier les coûts de faisabilité d'un RBI. Situation où nos voisins français ont de longue date décidé, par facilité, la baisse de tous niveaux scolaires pré/post Bac afin d'avoir le plus grand nombre de diplômés

Entendu ce matin dans "vacarme", série binationalité: pour l'invité "expert" selon la RTS car salarié d'UNIGE, d'origine étrangère naturalisé détenteur de x passeports, le produit positif n°1 dans l'acceptation de naturalisés binationaux serait ... l'impossibilité de guerres entre voisins... qui tous binationaux (etc.)

Entre autres constats à Genève:
une révision de la Constitution GE concoctée en 2012 par une majorité de binationaux pro-Union Européenne, aux articles si pro UE que le CE reste incapable de sortir la loi d'application de l'art. 3 sur la laïcité, loi qui en droit est obligatoire depuis jan 2016 (délai 3 ans). Ce qui a conduit à une pléthore de règlements & financements imposés aux contribuables et votés anti-constitutionnellement, en faveur des populations musulmanes & migrations arabo-islamistes. Ce que l'ensemble des suisses rejettent, dans le vide.

En passant par l'identitaire des migrations par opportunisme économique franco-arabes en Suisse romande devenues géo-politiques, en passant par l'instauration du grand-Genève, une agglo française en emprise sur la République et Canton de Genève et les financements de la Confédération, qui n'a jamais été soumise à l'aval démocratique des suisses.

Où la guerre à l'emploi genevois ne passe que par l'activisme de réseaux & copinages franco-français, portugo-suisso-portugais, espagnols-suisso-espagnols, italo-naturalisé, russo-est UE etc, toutes ces communautés en monopole dans certaines branches, toutes en rejet des nationaux suisses.

Où le CE vient de voter une règlementation d'exclusion d'accès des enfants de suisses résidents frontaliers aux écoles genevoises, applicable 2019.

Où l'individu qui s'est déraciné dans sa migration pour raisons économiques se raccroche au droit à l'égalité pour tous sans passer par la case collectivité, en revendication exacerbée de ses origines culturelles familiales, où il est hors-sol

où le % de migrés résidents en emplois précaires dépendants d'allocations sociales complémentaires ne cesse de croître

où le % de votants soit de participants à la vie collective, atteint péniblement une moyenne de 38% des inscrits. Si No Billag atteint un score exceptionnel de participation, je gage que la mobilisation ne sera motivée, à lire les commentaires, que par le porte-monnaie des votants et par aucun autre motif: une fiscalisation TV-radio acceptable par tous aurait d'emblée balayé l'initiative.

Suis peut-être hors sujet, en considérant la situation de "l'âge identitaire" etc sur le terrain de ces quelques effets dans mon pays et canton frontalier.

Écrit par : divergente | 11/02/2018

Répondre à ce commentaire

Je ne résiste pas à vous balancer le lien sur le passage de "Provocations" que je viens de publier sur les blogs. Il est pile dans la cible.
http://qculture.blog.tdg.ch/archive/2018/02/12/provocations-18-289694.html

Écrit par : Pierre Jenni | 12/02/2018

C'est dense tout ça. Si j'ai bien compris la démarche, ce billet consiste à considérer notre époque comme étant le reflet de l'individualisme et de la prépondérance de l'économie sur l'ensemble des paramètres qui participent à nos vies.
J'ai déjà un problème avec la notion d'économie. Car c'est aussi la réduction des dépenses et non pas le seul fait de permettre du rendement à tout prix, si j'ose dire. L'économie est donc une règle de la vie un peu comme l'eau qui s'écoule par le chemin le plus facile ou le geste martial au combat du maitre zen qui utilise la force de l'adversaire contre lui.

Mais j'ai cru comprendre que ce n'était qu'un élément marginal de l'intention de Monsieur Schmid qui quitte vite ce sentier matérialiste au sujet duquel il évite sagement de se déterminer par une allégorie qui ne résout rien.

Il vient donc sur le terrain favori des religions qui consiste à tenter de trouver du sens à nos vies ici bas. En glissant sur le marxisme comme Lambiel sur la glace, sans se déterminer. Toujours très sage.

Cette longue introduction nous amène finalement à nous interroger sur le titre du billet qui semble suggérer que nous vivons une époque de revendication identitaire qui produirait "toutes sortes de confrontations plus ou moins violentes entre les religions, les ethnies, les cultures, les néo-communautés liées au genre, les tribus numériques des réseaux sociaux etc.… "

Je laisse à son auteur l'évaluation de l'augmentation des risques évoqués à notre époque. Je ne les partage pas et considère, au contraire, que c'est justement un des aspects positifs de la mondialisation qui nous permet aujourd'hui de relativiser notre réalité culturelle et la mettre en relief par la comparaison intelligente des autres influences et le dialogue qui s'est instauré au niveau planétaire grâce aux outils numériques. Même si, dans un premier temps, le repli est le réflexe.
Je ne partage donc pas ses craintes de "choc des identités qui mènera à la guerre de tous contre tous".

Venons-en maintenant à l'autre variante qui consisterait à "l’approfondissement de qui nous sommes par la philosophie et/ou les religions vraiment spirituelles."
Outre le terme de "vraiment" qui est pour moi une énigme et qui devrait en vexer plus d'un (du coup on est un peu moins sage), il me semble que cette alternative n'en est pas vraiment une pour la simple et bonne raison que la fondamentale quête existentielle qui consiste à trouver des réponses aux "questions suivantes : Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ? Quelle est ma vocation sur la terre des vivants ? Comment mieux me connaître ?" est pour moi vouée à l'échec et c'est une bonne nouvelle.
Car cette énigme est la condition même de notre existence. Le moteur qui nous permet d'avancer, de progresser. L'imperfection fait partie de la perfection de la création à laquelle elle donne le mouvement.

Un petit tour du côté des orientalistes nous éclaire d'ailleurs à ce sujet avec la très belle image de l'oignon dont on pèle les couches pour découvrir qu'il n'y a rien à la fin.

La quête de l'identité est non seulement une chimère, mais la condition même de notre misère. Une forme de nombrilisme qui nous empêche d'accéder à l'intuition de faire partie d'un tout. Et tous les systèmes, quels qu'ils soient, religieux, politiques, économiques, sociaux, ne font qu'exacerber la différence en mettant l'accent sur nos faiblesses au lieu de nous inciter à redécouvrir l'unité qui vit en nous, au delà des apparences.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/02/2018

Répondre à ce commentaire

@Pierre Jenni, vous avez déjà parlé sur vos blogs de votre vécu d'une telle densité - vécue dans vos tripes dans les glaces himalayennes. Marrant, j'ai vécu ce même parcours - sauf que, me suis pas gelé ces attributs de "détails", en bonne gérante maternelle prévisionnelle de son futur. Marrant ces parallèles.

Écrit par : divergente | 11/02/2018

Quand l'âge identitaire passe par les médias, on constate dans le domaine de la culture, nos voisins français qui s'affichent maîtres-régisseurs employeurs financés par contribuables billag, maîtres et décideurs aux festivals de Montreux, année après année,
et ça fait des années qu'ils nous font chier. mais on paye

on constate les financements cinéphiles suisses issus des contribuables, dilués dans toutes prods Arte - au seul bénef de français par ailleurs bénéficiaires d'allocations & de rentes indues,
on voit la CH co-financer des productions qui refilent tous pouvoirs à un CSA qui licencie en faveur d'une culture rap de racaille de banlieue qui joue les stars

Avec ces français d'une région aux prétentions voisines étirées en Auvergne, c'est un contingent d'incapables qui nous est envoyé, tous en quête de jobs, d'arrimage aux richesses de l'économie suisse
dont les maires de communes frontalières furent trop heureux de venir jouir gratos du spectacle de 2 jrs, à 2 millions payés par contribuables genevois, des géantes décidées par l'élu gauchiste de la culture genevoise, le libanais Sami Canaan

Écrit par : divergente | 11/02/2018

Répondre à ce commentaire

Vous compliquez, Pierre. A mon sens, il s`agit seulement de se demander si notre besoin de plénitude (bien-etre, bonheur ou appelez ca comme vous voulez), c`est-a-dire l`ensemble de nos besoins organiques et psychiques (sécurité, amour, appartenance, reconnaissance sociale, estime de soi...) peuvent etre satisfaits par un environnement matériel optimal sans que nous fassions l`effort, avec ou sans l`aide de la religion, de nous comprendre et de nous situer par rapport au grand tout. Cette question est aussi celle de l`utilité ou non pour chacun d`un systeme de valeurs morales qui soit plus que la résultante de nos instincts et pulsions "naturels".

Écrit par : JJ | 11/02/2018

Répondre à ce commentaire

Euh... vous la trouvez simple votre question Jean ?
Vous pourriez reformuler ?
Ou compléter...
Pas sûr de suivre.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/02/2018

Répondre à ce commentaire

Pour répondre a ce que vous m`écrivez plu haut, Pierre, je pense qu`on peut tres bien se connaitre sans aimer mais que l`on ne peut comprendre l`humain sans aimer puisque l`amour est une composante essentielle de l`humain. Ainsi, un psychopathe (les psychopathes ne connaissent ni amour ni empathie) peut etre un bon connaisseur de soi-meme mais ne connaitra jamais les hommes puisqu`il ne peut comprendre ce qu`est l`amour et l`empathie. Maintenant, si vous etes un humain "normal", donc capable d`amour et d`empathie, et en arrivez par la méditation et l`auto-observation assidues a un tres haut degré de compréhension de soi, vous acquerrez le fameux "détachement" du Bouddha, qui est en fait la victoire totale sur l`amour de soi (l`ego) et l`exaltation de l`amour pour tout ce qui vit.

Écrit par : JJ | 11/02/2018

Répondre à ce commentaire

Pour une fois je ne partage pas vos réflexions Jean.
Je reconnais volontiers ne pas savoir ce qu'est l'amour mais je ne puis le réduire à une composante de l'humain. J'ai plutôt la sensation que l'amour c'est la vie. Rien de moins. Pas étonnant qu'on ait de la peine à cerner le concept.
Je ne connais pas de psychopathe mais je doute que l'on puisse se connaitre sans connaitre les hommes. C'est d'ailleurs ce que je propose dans mon premier commentaire en suggérant que la limite qui définit nos entités n'est peut-être pas aussi tangible et réduite à l'enveloppe corporelle. Je rejoins un peu Myriam qui parle de l'animisme et du chamanisme qui sont à l'origine des croyances religieuses sans la sophistication qui s'est installée au fil des siècles au détriment de l'intuition de l'unité de la création.
Et je conteste vigoureusement la prétention des systèmes qui permettraient par une ascèse assidue à atteindre des hauteurs telles que vous décrivez pour la simple raison que la motivation provient justement de cet ego que vous semblez diaboliser.
Dans le premier ouvrage que j'ai publié, "Provocations", je démonte justement tout le système embrassé par mon pote qui s'est fait moine tibétain et qui passe pas moins de trois heures par jour à méditer depuis plus de 20 ans sans que le moindre changement ne soit perceptible. Il construit brique après brique le mur infranchissable qui l'empêche d'accéder à son but. J'espère juste que tout ce travail qui ressemble au labour lui permette un jour, lorsqu'il renoncera enfin, à récolter les fruits de la récolte. Mais j'en doute.

Écrit par : Pierre Jenni | 12/02/2018

Le président de la France l'a dit: la colonisation est un crime contre l'humanité. Or nous subissons une colonisation à l'envers. Et donc un crime contre l'humanité.

Quant à l'identité, il y a des cartes pour cela. Le reste c'est du pipeau: soit les étrangers s'assimilent, soit ils retournent d'où ils viennent. Toutes les spiritualités ou leur absence sont bienvenues. Le problème est que l'islam est une idéologie politique totalitaire et hégémonique. Nous n'acceptons pas le néo-nazisme, pourquoi devrions-nous accepter l'idéologie islamistes qui est du même tonneau ou même pire?

Écrit par : Daniel | 12/02/2018

Répondre à ce commentaire

Les chamans anciens se reliaient aux plantes sensibles, parlantes qui nous relieraient au tout.

Economie au service du social et de l'environnement est le projet d'un homme politique de Genève.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/02/2018

Répondre à ce commentaire

@Myriam Jonathan Normand semble en effet (je ne le connais malheureusement pas personnellement) etre une bonne illustration de ce que les nouvelles générations sont en train de dépasser le stade "homo economicus". Je suis certain que les Jonathan Normand sont l`avenir de l`humanité.

Écrit par : JJ | 12/02/2018

JJ

Bonjour.

Il y a une autre "identité", la nature.

On parle aujourd'hui de forêt-thérapie... le chant des oiseaux, des rivières, les clairières... cabanes dans les arbres magnifique article MARIANNE No 1O89 L'APPEL DE LA FORÊT

telle est notre source tellement plus réelle et saine que nos identités passagères, ne croyez-vous pas?

Bonne journée.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/02/2018

Répondre à ce commentaire

L'approche de l'identité est individuel.

Il y a simplement la recherche d'une "famille" et celle-ci est une nécessité, personne n'y échappe. Cette identité peut être les origines géographiques, ethniques, religieuse, une idolatrie d'Elvis Presley, …

L'autre est une recherche de supériorité à travers l'identité, qui forcément entraîne des mouvements d'agressivité les uns envers les autres.

L'identité est une part de nous. Ce n'est pas à l'Etat, à l'exemple de la France, de l'étouffer parce qu'une minorité associe l'identité à une supériorité.

L'identité étant un des repère d'un individu, il participe indirectement à la pacification de la société. Ce repère peut devenir un refuge dans des moments difficiles.

Si l'Etat doit effectivement combattre l'Identité associé à une supériorité imaginaire, elle ne doit surtout pas s'opposer à l'autre Identité associée à une "famille".
Ce n'est pas le type d'Identité qui associera à une supériorité, mais c'est ce que les gens en font.


Il faut combattre les mouvements identitaires qui y attribuent une supériorité et laisser les gens choisir leurs identités que ce soit ethnique, politique, musicale,...

Écrit par : motus | 12/02/2018

Répondre à ce commentaire

Motus,

Sans en rien chercher à vous contredire, je souhaiterais affirmer que dans les pires moments de crise le mieux est d'avoir recours au bon sens

lequel, évidemment, dépend en grande partie des données de base... "aux plus approchantes possibles de la vérité"... dont on dispose... données de base sur lesquelles fonder, avec discernement, notre raisonnement.


Bonsoir à notre hôte. Monsieur Vincent.
Bonsoir à tous.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/02/2018

Répondre à ce commentaire

"L'approche de l'identité est individuel."
Mon dieu, quelle misère dans l'expression écrite...Passons.
Non, la question première n'est pas individuelle mais bien justement collective. Et votre commentaire prouve justement qu'il y a une volonté de détruire l'identité culturelle européenne. Que je sache, le Français moyen n'est pas musulman et admirateur des Merah, Nemmouche et autres Kouachi comme 99% des musulmans français. L'islam est un corps étranger introduit de force par le patronat français pour faire du dumping salarial avec les Algériens, et le corps social français rejette ce corps étranger. C'est ça, la grande question de l'identité. Le prendre par le bout de la lorgnette individuelle n'a aucun intérêt, sauf pour les psys...

Écrit par : Géo | 12/02/2018

Répondre à ce commentaire

Géo,


Krisnamurti a écrit un livre traitant de la nécessité de se libérer du connu, des fausses sécurités.


Notre ressenti est primordial selon, par exemple, que nous ne pensons pas avoir vécu plusieurs vies ou... juste le contraire

en cas de réincarnation une vie, une identité, une autre, une autre identité.

Géo, sans vouloir parler de moi, j'ai vécu longtemps et je "sais" avoir rencontré dans cette vie deux ou trois personnes auxquelles je devais, quant à une ou deux autres vies, réparation.
Sans aborder maintenant la question des générations, des lignées.

L'identité comprise comme moyen pour tenir le coup, sorte de mesure de survie.
Il faut respecter.

Mais d'autres ressentent tout autrement
Il faut respecter également.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/02/2018

Répondre à ce commentaire

Myriam@ Ne croyez pas une seule seconde que je manque de respect pour les musulmans ou pour l'islam. J'ai travaillé au Mali, à Tombouctou en 1986. Au Burkina, deux ans à Léo, deux ans à Kongoussi. En Guinée, à Labé. En Jordanie, en Iran, en Arabie saoudite. Et en Mauritanie. J'ai toujours été très respectueux de l'islam et des musulmans chez eux. Tout ce que je demande, c'est que les musulmans soient aussi respectueux de nos valeurs ici chez moi que je l'ai été des leurs quand j'étais chez eux.
Et là, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on est loin du compte. Et que pour ma part, je ne vais pas l'accepter indéfiniment et je ne suis pas le seul. Cela va mal se terminer, soyez-en certaine.

Écrit par : Géo | 13/02/2018

Répondre à ce commentaire

Bien dit Géo. Et bravo de répondre à Myriam que vous semblez comprendre. Je suis jaloux.

Écrit par : Pierre Jenni | 13/02/2018

Répondre à ce commentaire

Géo.

Merci.

Il y a fort longtemps que je cherche ce qui pourrait nous faire aborder quelque chose concernant l'existence ou non de l'âme... ce qui est le fondement de nos croyances.
N'étant pas scientifique j'invite les lecteurs qui nient cette réalité à chercher par leur moteur de recherche de "l'EPFL les recherches de l'existence de l'âme" où l'on trouvera notamment les noms de deux scientifiques quantiques... car je crois que seules des croyances fondées nous feront évoluer.

Merci, Géo.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 13/02/2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.