La peur comme méthode

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« Je veux que vous paniquiez ! » a lancé la petite Greta Thunberg aux dirigeants mondiaux réunis à Davos en 2019. Elle ne sait sans doute pas (mais les gens qui se tiennent derrière elle le savent,eux…) que cette formule bravache prend sa source chez le philosophe Hans Jonas qui a inventé la notion d’ «heuristique de la peur». Comprenez l’utilisation de la peur dans le but de nous rendre plus conscients des enjeux de société et plus responsables de nos actes.

Pour Jonas en effet la peur est un moment psychologique susceptible de créer une prise de conscience chez l’individu qui peut déboucher sur une dynamique de changement.

Le point de départ du philosophe est la menace que les progrès techniques modernes font peser sur le devenir global de l’humanité désormais confrontée aux limites de la planète. Le progrès technique serait une utopie dangereuse exerçant une séduction telle qu’elle parviendrait à nous faire abdiquer notre capacité de discernement et de décision éthique. Pour casser ce charme maléfique, rien ne vaudrait la peur.

Il y a chez Jonas une méfiance très profonde à l’égard du progrès technique dont l’origine se trouve chez des penseurs comme Heidegger ou Jacques Ellul qui avant lui ont dénoncé un pouvoir technique ivre de lui-même aboutissant à la « dévastation du monde » (Heidegger). Ce qu’il entend par «heuristique de la peur» revient à anticiper les menaces pour mieux les conjurer.

La crise écologique très réelle dans laquelle nous sommes plongés (qui ne se limite pas aux changements climatiques) donne toute son actualité à cette notion. Des militants médiatiques comme Fred Vargas, Aurélien Barrau, Aymeric Caron ou Claire Nouvian n’hésitent pas à en faire un usage surabondant. De même est-il  probable que la peur de l’avenir a précipité chez beaucoup de nos contemporains une prise de conscience de ces problèmes.

Néanmoins ce recours à la peur (même pour des motifs légitimes) pose plus de questions qu’il n’en résoud. Si je me place sur le plan de l’histoire de la théologie qui est le mien, je constate que l’emploi de «l’heuristique de la peur» pour convertir et sauver les âmes est en vérité une très vieille affaire. La prédication chrétienne n’a pas hésité non plus à en faire un usage surabondant, usage gravement fautif je m'empresse de le dire. Pendant des siècles la peur de l’enfer a servi de moyen de contrôle efficace des masses, au mépris des sources bibliques qui sont, elles, très discrètes, voire ténues, sur le sujet. Le cœur de l’Evangile n’est-il pas le fameux « N’ayez pas peur ! » de Jésus ? Il aura fallu rien de moins que le retour aux sources de la Réforme pour mettre un terme à cette prédication-panique au service d’un pouvoir tant spirituel que temporel. De nos jours malheureusement la peur de l’enfer fait son grand retour par le biais l’Islam…

Cette remarque me permet d’interroger l’idée de Hans Jonas dans trois directions.

1) N’est-il pas paradoxal de la part d’un philosophe, donc de quelqu’un qui en principe s’appuie sur la raison, de faire un semblable éloge de la sortie de la raison ? N’est-ce pas ouvrir la porte à la pensée délirante ? N'est-ce pas prendre le risque de remplacer le débat par l'hystérie? Comment ne pas évoquer ici la gravure prophétique de Goya intitulée «Le sommeil de la raison engendre des monstres » (1797)?

2) Au bout du compte, cela ne revient-il pas à valoriser le discours de l’antiscience et faire la promotion de l’ignorance ? La peur est l’antithèse de la connaissance (à cet égard la décision de Greta Thunberg de faire la grève de l’école est très révélatrice). La condamnation du progrès technique va souvent de pair avec le rejet inavoué de la science en général. Pourtant la distinction entre la recherche théorique et l’application pratique garde toute sa pertinence, même s’il faut la nuancer. Les techniques ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi, tout dépend de l’usage qu’on en fait. Je pointerais plutôt du doigt l’usage prédateur que le capitalisme financier fait du progrès technique…

De plus, face aux défis écologiques, c’est de plus de science dont nous allons avoir besoin. Les scientifiques eux-mêmes reconnaissent par exemple que la climatologie est une discipline naissante qui est encore loin de dominer son sujet.

3) La méthode de la peur s’inscrit dans ce phénomène très contemporain qu’est la dictature des émotions. Démultipliée par les réseaux sociaux et les médias, la dictature des émotions est un écran de fumée artificiel derrière lequel peuvent se dissimuler les prémices de dictatures à venir qui, elles, seront bien réelles à n'en pas douter.

Une autre question surgit alors sur le devant : Que nous veulent vraiment ceux et celles qui s’emploient à nous faire peur soi-disant pour notre bien? 

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Commentaires

  • "le rejet inavoué de la science en général." Le très gros problème, c'est que le monde scientifique lui-même se charge de discréditer la science. Les physiciens nucléaires nous ont habitués à des délires assez étonnants, mais que dire de ceux qui s'occupent de physique quantique ? Des "scientifiques" nous disent avoir démontré l'existence d'ondes gravitationnelles, une ondulation qui représente un 100'000ème de la taille d'un atome d'H, qu'ils auraient repérée dans l'Univers ? Vous y croyez ? Un professeur genevois nous certifie avoir prouvé la translation des photons. Tel photon sorti de son laboratoire genevois aurait un clone à Martigny...Rappelons qu'une de ces lampes fournit 2000 photons par seconde, en principe tous pareils ? Vous y croyez ? Pourquoi n'a t-il pas eu immédiatement le Prix Nobel de physique, cet hyper-savant genevois ? On se demande, hein ? Nobelo subito...
    Sur un plan beaucoup plus trivial : même le géologue cantonal valaisan nous parle de permafrost au Cervin. Permafrost est la traduction anglaise de pergélisol. Y aurait-il un sol au Cervin ? J'ai bien des doutes...
    Le blog de Homme Libre ne cesse de dénoncer les nombreuses manipulations du GIEC. Non pas qu'il y ait un doute sur le dérèglement climatique, certes. Mais sur le traitement du sujet. Par exemple, "les océans s'acidifient" ! La profondeur des océans moyenne est de 5000 m, l'acidification concerne les premiers mètres. Ensuite, c'est plutôt bon signe : cela prouve que le CO2 est absorbé par les eaux, et deviendra un jour du carbonate de calcium, qui constituera le calcaire de la chaîne de montagne qui se substituera un jour à la chaîne alpine. Quand l'Humanité aura disparu de puis bien longtemps...
    Amen...

  • En fait, il parle d'acidification de l'ocean parce que le pH est passé de 8.6 à 8.3.

  • "Par exemple, "les océans s'acidifient" ! La profondeur des océans moyenne est de 5000 m, l'acidification concerne les premiers mètres."
    La vie également se concentre dans les "premiers mètres":
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Faune_abyssale

    Pour aller dans le sens de Géo, en discutant avec un mathématiciens, ce dernier a bien rigolé à la mention du bosin de Higgs.

  • Daniel@ Il y a de la vie jusqu'au tréfonds de la fosse des Mariannes. Certains organismes remontent la nuit depuis de grandes profondeurs. Comment les compter ? Animaux de profondeur le jour, de surface (100 premiers mètres) le jour.
    Cela dit, j'aimerais trouver des chiffres sur cette fameuse acidification. Cela me paraît extrêmement idéologique plutôt que scientifique. Comme d'habitude sur ce sujet...
    J'ai déjà ironisé sur la montée des eaux, 2.5 mm/an et surtout, calculée depuis le début du 20ème siècle. Il n'y avait pas de satellite à cette époque et la Pierre du Niton avait une altitude différente de 1 m (un mètre !) selon le trajet des arpenteurs depuis le niveau 0 de la mer, lui-même très incertain...

  • "Il y a de la vie jusqu'au tréfonds de la fosse des Mariannes. Certains organismes remontent la nuit depuis de grandes profondeurs. Comment les compter ?"
    Oui, il y a de la vie au fond de la fosse des Mariannes (et il y a aussi de la vie dans les déserts...), mais si vous lisez l'article mis en lien dans mon précédent commentaire vous constaterez que c'est insignifiant comparé à la biomasse présente dans les premiers mètres.

    Correction: boson de Higgs.

    Sur la peur: tout le monde a peur à un degré ou à un autre. Quelqu'un qui n'aurait jamais peur pour sa santé, par exemple, n'irait jamais consulter un médecin. Certains distent par exemple que le glyphosate est inoffensif. Si je propose un verre d'eau dans lequel j'ai versé une ou deux goutte de glyphosate, je me demande qui n'aura pas peur de le boire...

    Bien souvent, nous n'avons pas peur parce que nous sommes dans l'ignorance.

    Et donc écrire que "La peur est l’antithèse de la connaissance" est - dans ce dernier cas - pris en défaut.

    Nous pouvons avoir peur aussi bien à cause de nos préjugés ou d'un manque de connaissance qu'à cause d'une connaissance perfaitement maîtrisée. Pourquoi donc les Genevois ont-ils inscrit dans la constitution un article anti-nucléaire?

  • "En fait, il parle d'acidification de l'ocean parce que le pH est passé de 8.6 à 8.3."
    Sur quelle proportion des eaux océaniques ? Un millième ? Un dix millième ? Un millionième ? A qui voulez-vous faire croire que le 70% de la surface terrestre avec une profondeur moyenne de 5000 m aurait pu subir un tel changement de pH ?

  • Voici la vidéo où j'en ai entendu parlé:

    https://www.youtube.com/watch?v=1XXdyWK7Z-s&t=730s

    Dans cet extrait je n'ai pas entendu citer de chiffres, mais soyez certains qu'ils ne sont pas inventés. Je ferai quelques recherches. Pour la profondeur, je pense que c'est dans la zone où vivent le phytoplancton et les coraux.

  • Denoncer les consequences pour les generation futures du manque de reaction devant la destruction de l´equilibre climatique et de l´environnement, c´est faire peur selon vous?

  • Je ne nie absolument pas le sérieux des problèmes qui se posent et encore moins la nécessité d'y remédier. Mais j'affirme que l'ambiance de panique qui est entretenue autour est contreproductive. Avoir peur c'est être sidéré et donc manipulable à volonté. Si nous persévérons dans l'hystérisation du débat, nous allons tout droit vers des "solutions" autoritaires imposées... qui, en plus, ne serviront peut-être à rien. Et je déconseille aux générations montantes d'accorder le moindre crédit à une gamine qui décrète la grève de l'école sous prétexte de climat. Alors que justement c'est de plus de connaissances dont nous avons besoin.

  • Sans vouloir vous vexer, votre réponse me fait douter que vous soyez vraiment conscient de la gravité de la situation. Documentez-vous et vous vous apercevrez que des millions sinon des milliards de vies sont en jeu a plus ou moins long terme si on continue de tergiverser au sujet de la dégradation des écosystemes et de l`équilibre climatique.

  • A mon tour de ne pas vous vexer mais vous répondez à côté. Je suis certainement mieux renseigné que vous n'avez l'air de le croire et aux meilleures sources. Mais ce n'est pas le sujet. Je ne veux à aucun prix de l'écologie autoritaire et des gens qui la promeuvent. Je la sens monter de tous les côtés. Pas vous ? Relisez la dernière phrase de ma note...

  • J`avoue ne pas trop saisir ce que vous appelez écologie autoritaire. L`importance de respecter les équilibres naturels et les conséquences de ne pas le faire sont heureusement de mieux en mieux communiquées au grand public si c`est ce qui vous parait etre de l`autoritarisme. Par ailleurs, c`est justement dans les pays non-démocratiques que les foules sont les moins informées des enjeux écologiques. Il me semble qu`en vous focalisant sur la présence de plus en plus forte de l`information sur les destructions écologiques en cours vous regardez le doigt et non ce que le doigt désigne.

  • Les délires des physiciens de la quantique ? L'intrication quantique, vous en avez entendu parler ? Il est vrai que "Quiconque n'est pas choqué par la mécanique quantique ne la comprend pas" Niels Bohr

    http://sboisse.free.fr/science/physique/physique-quantique-pour-les-nuls-1.php

  • Nonobstant votre affirmation sur les sources de l utilisation de la peur qui me semble parfaitement culturelle c est à dire parfaitement fausse, personne ne dit qu il s agirait de vous faire peur pour votre bien.
    Une loi avec une sanction par exemple à une fonction celle de faire peur et pas vraiment pour le bien du criminel. vous posez la question de la raison ou vous placez dans le champ de la raison. Vous n avez pas de raison d avoir peur. Celui qui est proche du dernier accident nucléaire en Russie a une autre raison. Il n y a selon vous littéraire qu une raison qu une humanité mais en réalité il y en a plusieurs. Il me semble que celle qui est partagé par beaucoup d êtres à multiples raisons est de survivre ici à la monstrueuse négation du réel.

  • @ Vincent Schmid

    Greta Thunberg m'a posé de gros problèmes, dès le début de son apparition sur la scène médiatique. Quelque chose cloche dans son discours lapidaire, probablement cette histoire de peur panique que vous évoquez ici et qui ne peut qu'être de mauvais conseil.
    Au départ, Greta était juste une ado obstinée avec des idées d'ado. Et avec cette mentalité assez répandue dans les pays nordiques : quand on a identifié un problème, on passe à l'action et essaye de trouver une solution concrète, sans passer des heures à discuter.
    On pourrait dire que de rester assise, tous les vendredis, devant le Parlement, avec une pancarte n'est pas une action super-concrète, mais on peut tout de même constater que cela a eu de l'effet.

    Alors que j'étais en pleine perplexité négative au sujet de Greta T., j'ai vu le titre d'un de vos billets en février. Vous écriviez un hommage au pasteur Henri Babel :

    http://vincentschmid.blog.tdg.ch/archive/2019/02/21/quand-le-disciple-est-pret-le-maitre-parait-adage-zen-297456.html

    Mutatis mutandis, je me suis dit : Est-ce que cette jeune fille obstinée n'avait d'autre mérite que d'être apparue à un moment où une frange importante de la population des pays occidentaux était prête à se bouger en faveur d'une réduction du gaspillage assez insensé auquel on participe dans une certaine impuissance ?
    Comment se sentir vraiment utile individuellement, en essayant de ne pas gaspiller de nourriture, alors qu'on sait qu'environ 30% de la production alimentaire mondiale est jetée ? On a l'impression d'agir dans le vide.
    Comment être insouciant en sachant que les ressources diverses sont dilapidées à gogo ? Une sorte de tempérance généralisée serait la bienvenue.
    Ceux d'entre nous qui ont vécu plus simplement dans leur jeunesse savent pour de sûr qu'on n'a pas besoin de prendre l'avion tout le temps, rouler en 4x4 en ville ou posséder mille gadgets électriques pour s'en sortir honorablement.
    Mais Greta et son discours sont-ils vraiment la solution-miracle ? Je ne le crois pas parce que tout ce qui est trop simple ne répond pas à la complexité de la réalité.
    Si Greta a pu exercer un contrôle sur ses parents, générer des initiatives enthousiastes, les solutions très concrètes au niveau mondial n'ont pas encore émergé. Il est probablement trop tôt, mais comment s'imaginer un plan de sauvegarde global ?
    Il y a une formidable force d'inertie et il est difficile d'imaginer comment de très grands pays comme la Chine, les USA ou le Brésil se laisseraient embarquer dans une combine de contrôle-décroissance forcée, menée par une ado suédoise, fût-elle entourée de lobbys bien-intentionnés.

  • Votre hypothèse est probablement juste: il y a un côté symptôme dans le phénomène Greta. Elle condense des préoccupations bien présentes chez nos contemporains. En ce sens, pourquoi pas ? Si effectivement cela peut, comme vous l'écrivez, favoriser un mode de vie plus sobre et plus respectueux de l'environnement, ce sera toujours ça de pris.
    Mes réserves sont de deux ordres. Le message anti-scolaire d'abord, donc anti-savoir et anti-adulte (malheur à la cité dont le roi est un enfant écrit l'Ecclésiaste...)
    L'utilisation de la panique ensuite, afin de subjuguer les esprits à la manière d'un gourou. Les ferments totalitaires sont bel et bien là. Des politiques (pas Greta évidemment...) pourraient dés lors s'emparer du phénomène pour imposer des mesures liberticides. Et je ne parle pas de la vitesse de circulation.

  • @ Vincent Schmid,


    Effectivement, le discours consistant à dire que l'école est désormais inutile est franchement ridicule et je n'ai pas l'impression qu'il soit fortement promu par les groupes soutenant Greta.
    Greta a personnellement choisi de laisser tomber l'école, et si je suis bien renseignée, c'est légal en Suède après 9 années de scolarité. Si elle devait se mettre à militer pour que tous en fassent autant, ce serait effectivement un gros problème.
    Des élèves européens ont déjà tendance à vouloir utiliser les vendredis pour manifester, mais j'y vois une bonne occasion pour discuter très concrètement avec eux de leur vision de l'avenir en général et de leurs capacités personnelles à maîtriser cet avenir. Pas tous les jeunes manifestants sont des fanatiques ou imperméables à une vision d'avenir autre qu'apocalyptique.

    " I want you to panic."
    On était censé être saisi d'une sorte de eurêka en entendant ça.
    Je me suis dit : Qui est-elle pour nous dire ça ! En quoi serait-elle en droit d'exiger quoi que ce soit de qui que ce soit ?
    Ça marche sur les personnes à la recherche d'un gourou ou un mouvement proposant une bonne cause à défendre. Les ados en révolte contre le monde des adultes ont pu être parfaitement réceptifs à ce discours.
    Cela m'a fait penser à l'injonction "Indignez-vous !", venant d'un homme d'âge mûr. C'était plus facile à entendre de la part de quelqu'un avec un riche parcours de vie.
    Dans un premier temps, c'était reçu avec grand enthousiasme, puis petit à petit, on a pris conscience que ça ne suffisait pas de s'indigner et que cela ne permettait pas d'initier des changements. Une bonne partie de la population des pays occidentaux est d'ailleurs tout à fait contente de notre fonctionnement et ne voit pas en quoi il faudrait le modifier.
    Il n'est pas motivant de faire des efforts, si on constate que " les autres" n'en font pas. Cela vaut pour les individus, comme pour les pays.
    Il n'est peut-être pas possible de changer de modèle de société, car on aura toujours l'impression d'être pris en otage, embrigadés ou atteints dans notre souveraineté. La situation avec les feux en Amazonie est une bonne illustration de ça.
    Les ferments totalitaires sont déjà un peu partout, de toute façon.
    Les gens élisent démocratiquement des dirigeants très bizarres, en toute connaissance de cause et les résultats sont là : la situation ne s'améliore pas du tout.

  • Vous êtes assez optimiste et je le suis moins que vous. D'abord je ne crois pas beaucoup -et même pas du tout- à la capacité d'esprit critique des jeunes. Les régimes totalitaires ont toujours embrigadé la jeunesse sans la moindre difficulté. Pensez aux Gardes Rouges de la Révolution culturelle chinoise, un exemple parmi bien d'autres.
    Ensuite je précise ma pensée: ce que je crains parce que je le vois se mettre en place dans l'aveuglement général, c'est que l'urgence écologique ne soit récupérée par ceux-là mêmes qui ont perdu tous les combats idéologiques du XXème siècle (communisme, révolution mondiale, tiers-mondisme etc...) pour faire passer d'autres idées. Le phénomène Greta est au service de ces gens-là.

  • Difficile de refuter l' argument selon lequel les jeunes sont influençables, mais il faut tout de même dire que ce n'est pas un groupe homogène et tout acquis aux thèses écologistes.
    La dernière revolution des jeunes fut ce qu'on appelle" Mai 68 " dans le domaine francophone. Ça a eu un gros impact sur la société, mais n'a pas provoqué d'embrigadement.On dit même que le néolibéralisme en est le résultat.
    Je vois les Gardes Rouges ou la Hitlerjugend comme des créations d'un régime totalitaire déjà bien installé et non comme des mouvements crées par de jeunes enthousiastes manipulés. Si je suis bien renseignée, les Gardes Rouges ont été crées dans les années 60.
    La dictature écologiste n'est pas encore instaurée et si on considère Greta- instrumentalisée au milieu de D. Trump, J. Bolsonaro, V. Orban, R. Erdogan etc , il me semble qu'elle ne boxe pas encore dans la même catégorie et ne met pas encore les processus démocratiques en danger. Je vois les dangers imminents pour la démocratie ailleurs.
    Vous anticipez peut- être un horizon plus lointain, mais je pense qu'on ne doit pas sombrer dans le pessimisme. Ça vaut vraiment la peine de discuter avec les jeunes, qui ne sont déjà au sujet de l'avenir bien avant le phénomène de Greta.
    Je me souviens m'être beaucoup engueulée avec mon père au sujet du nucléaire, dans les années 1970. J'avais peur des retombées des essais de bombes et les différents accidents, souvent camouflés, venaient confirmer que la peur n'était pas totalement irrationnelle. Toute cette contestation a beaucoup énervé les adultes, à l'époque, ils nous considéraient comme des hurluberlus qui n'avaient rien compris.
    Loin de moi l'idée qu'on avait tout compris, mais on avait malgré tout soulevé une problématique qui existe encore. C'était effectivement une contestation de gauche, et cela l'a desservie. Du moment qu'il n'était pas possible de critiquer les armes ou l'industrie nucléaire en étant du centre ou de droite, c'en était fini.
    Les partis écologistes étaient considérés comme des crypto- gauchistes, dès le début ( des pastèques).
    On comprend mieux maintenant que l'écologie a un aspect conservateur. Vouloir " retourner à la bougie" leur tient davantage à coeur que d'être révolutionnaires.
    Si on admet qu'il y aurait quelque chose comme une urgence écologique, pourquoi la laisser aux extrêmistes ? Est- il impossible d'aborder la question de façon pragmatique ?

    Je ne suis pas vraiment optimiste, je pense qu' on n'arrivera pas à gérer les ressources de façon assez efficace avant d'être obligé de vivre dans des privations imposées par des pénuries. Simplement parce qu'on est tellement nombreux sur Terre. Je ne pense pas qu'on réussira à avoir assez d'eau douce de bonne qualité pour tous et ça provoquera des conflits. Mais je ne panique pas et ne connais personne qui panique.

  • En voyant mon commentaire publié, j'ai le la désagréable surprise de constater qu'une phrase est proprement du charabia . :-(((

    J'ai écrit :
    "Ça vaut vraiment la peine de discuter avec les jeunes, qui ne sont déjà au sujet de l'avenir bien avant le phénomène de Greta."

    L'idée était la suivante : Ça vaut la peine de discuter avec les jeunes, qui se sont déjà préoccupés de l'avenir du monde, bien avant le phénomène de Greta.
    Greta n'est pas une pionnière et ceux qui font comme si elle l'était sont ignorants ou ont mauvaise mémoire.

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