Le onzième commandement

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Ma grand mère était une femme pieuse qui ne manquait pas d’humour. Elle commenta un jour le Décalogue de la façon suivante: N’oublie pas le onzième commandement, ne te fais pas prendre…

J’ai repensé à ce trait malicieux en apprenant la mésaventure de la tête de liste LREM aux municipales parisiennes. Le personnage, au demeurant peu sympathique de par son arrogance naturelle, a enfreint le septième commandement à propos de l’adultère et s’est fait prendre. Très rapidement il en a tiré les conséquences et  donné sa démission.

Nous avons alors eu droit au chœur unanime (c’est bien rare) de tout ce que la France médiatique compte de voix politiques volant au secours de l’imprudent déconfit. Elles ont argué du fait, indiscutable, que de nos jours l’adultère n’est plus un délit, que cela relève de la vie privée et qu’en revanche sa divulgation malveillante sur les réseaux sociaux par un tiers est passible des tribunaux. Beaucoup ont de surcroît déploré qu’il se soit retiré si rapidement, si je puis dire. Aurait-il dû, comme il a été suggéré, faire face et endosser l’étendard préféré de notre époque, celui de la victime, devenant ainsi le héros malgré lui de la cause de la vie privée face à un univers numérique impitoyable ?

Je ne le pense pas. Il n’avait pas d’autre solution que de jeter l’éponge.

A cause d’abord de l’inévitable séisme familial que ce genre de déballage public provoque, sans nul doute. Nous ne savons rien de cet aspect privé, et nous n’avons pas à le savoir, mais gageons que l’homme aura besoin de toute son énergie pour retrouver un minimum d’harmonie dans son foyer. Non pas tant en raison du fait lui-même, d’une désespérante trivialité, que du déshonneur qui rejaillit sur les proches. Pas facile à porter pour les enfants, s’il en a, dans la cour de récréation…

A cause surtout du ridicule de cette affaire, qui ne l’aurait pas lâché d’une semelle pour le reste de la campagne électorale. Il y a quelque mois, un ministre s’était vu reprocher sa consommation de homards aux frais de la République. Il n’a plus pu faire un pas sans que des manifestants facétieux ne brandissent sous son nez des homards de plage gonflables, jusqu’à ce qu’il abandonne son maroquin. On n’ose imaginer, au pays de la gauloiserie, ce que des manifestants auraient pu brandir à la face de l’ancienne tête de liste si elle s’était obstinée…

S’il est une morale à cette histoire de cornecul, c’est que le ridicule tue encore. Finalement, c’est une bonne nouvelle.

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Commentaires

  • Une petite précision: M. Grivaux ne s'est pas fait prendre, il s'est fait piéger, par un personnage équivoque aux motivations obscures qu'on découvrira peut-être un jour.

  • N`y a-t-il pas une grosse différence entre le boucher de mon quartier qui, en étant marié, est connu pour trousser la voisine (la femme du boucher s`en accommode tant bien que mal) et un quidam qui, prétendant représenter des millions de gens, leur dit "faites-mois confiance".

  • Vous avez raison M. Vincent Schmid de dire:" J’ai repensé à ce trait malicieux en apprenant la mésaventure de la tête de liste LREM aux municipales parisiennes"

    Au fait, il n est pas seulement tête de liste pour les municipales à Paris, mais un donneur de leçon de morale sur la Famille française mais aussi UN MINISTRE-Clef, faudrait il le rappeler?

    De même, elle a bien raison votre Grand Mère!! Par ailleurs, Obama, un des meilleurs présidents des USA, à mes yeux ( peut être que je me trumpe?) a visité une école aux USA et il avait répondu à un jeune élève qui lui demandait comment faire par devenir comme lui Président des States:" Fais attention à ce que tu mets sur le net, ceci sortirait contre toi dans 20 ou 30 ans voire plus!" Cela marcherait si les électeurs sont honnêtes et intelligents. Regardons que Trump n a perdu aucune voix ni américaine lors de son élection ni le respect de sa personne dans le Monde malgré qu il avait déclaré en octobre 2016:"La Femme ça s attrape par la chatte/A woman, grab her by the pussy, sic Trump "... Comme quoi (pardon M. Vincent Schmid pour la Vulgarité crasse de cette déclaration sur votre blog) . On est étonné que M. Trump n a pas encore ni tweeté ni donné son humble décision sur l affaire Griveaux ...est il malade?

    Bien à vous.
    Charles 05

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