Le progressisme à l'assaut de Noël

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Surtout ne dites pas trop fort que Noël est une fête spécifiquement chrétienne centrée sur la naissance du Christ! Vous passeriez au mieux pour un représentant  en perte de vitesse de l'ancien monde, au pire pour un raciste impénitent, empêtré dans son particularisme. N'allez pas non plus vous aviser d'affirmer votre attachement spirituel à ce temps fort de l'année liturgique. Vous feriez rire à vos dépens tout ce que notre société compte de progressistes éclairés. Car il est entendu désormais que tout croyant sincère ne peut être qu'un intégriste menaçant ou un ravi de la crèche (c'est le cas de le dire!). Le progressisme a remplacé le credo par la bienveillance compatissante envers les sous-doués qui surnagent encore, au nombre desquels se compte votre serviteur. C'est que nous vivons  maintenant sous le règne du relativisme depuis que tout un chacun revendique son droit à la différence. Le droit à la différence c'est le droit à ne s'autoriser que de soi-même. Avec une petite nuance tout de même: ce droit s'applique un peu moins à un chrétien, européen encore moins que moins, ce dernier fortement soupçonné de promouvoir le patriarcat blanc hétéronormé (mais bon sang mais c'est bien sûr...). Disons que le chrétien a droit (pour combien de temps?) à sa différence à condition de raser les murs et de disparaître le plus possible du paysage pour ne pas offenser les autres avec ses croyances d'un autre âge. 

Donc tout le monde ou a peu près se fiche de la signification de Noël et à vrai dire, bien peu la connaissent. On édite ainsi, agenda multiculturel oblige, des calendriers opportunément renommés "Calendrier de compte à rebours avant Noël" puisque le terme consacré Avent n'évoque plus rien. Quant à Noël, il se résume aux cadeaux et aux réveillons.

Et la foi de Noël? La chaine Monoprix a trouvé et l'énonce ainsi : Nous croyons aux réveillons! Elle est pas belle, la vie ? L'homo progressivus est aussi festivus. Bobo festivus devrais-je préciser. 
D'ailleurs que pèse cette fumeuse et antédiluvienne  tradition d'un gamin mégalo né dans une étable d'un obscur village oriental face à la sacro-sainte liberté de s'amuser "quand on veut, comme on le veut", je vous le demande un peu ? Le seul Dieu qu'il convienne d'adorer est le Dieu des marchandises. Cargo cult , nous y voilà.

D'ailleurs  tout le monde se fiche aussi de la tradition. Monoprix attire notre attention sur le fait que tradition rime avec obligations et conventions, horresco referens . Nous sommes invités à inventer nos propres traditions, selon notre humeur et fantaisie. Tradition est devenu un autre mot pour designer le ressenti du moment... Buvons et mangeons car demain nous mourrons.

Je pose une seule question en deux. Dans cette société ou le progrès fait rage, est-on plus heureux pour autant ? Pascal (un auteur de la préhistoire finissante, je m'en excuse) aurait-il eu raison avant l'heure ? 

 

 

 

 

 

Lien permanent 12 commentaires

Commentaires

  • En Suisse il n'y a pas la pensée unique ( souvent dictée par les médias gauchistes ) mais la majorité silencieuse existe. Et moi je ne suis pas silencieuse ... Bien au contraire ! Comme beaucoup je pense que le Christ a apporté plus que Noël ou les fêtes mais une paix au fond du coeur ... Quand la mort arrivera où irez vous ? La bible en parle mais pas les médias, il sera peut-être trop tard ? Abe

  • Parfois la majorité silencieuse devrait faire du bruit, même en Suisse où les médias dominants ne sont pas si neutres que cela...

  • Tout à fait d'accord avec vous. Et la majorité silencieuse (trop silencieuse

  • Même si l'on n'est pas (ou plus) croyant, on peut fêter ce qu'il y a de meilleur dans la religion qui marque le plus profondément notre culture. Et c'est en principe ce à quoi nous invitent les fêtes religieuses, comme Noël, qui reprend d'ailleurs en partie des éléments de fêtes païennes plus anciennes.
    Rejeter cette occasion de nous réjouir ensemble (famille et amis avec une pensée pour ceux qui sont seuls) et revivifier les liens et les aspirations qui parfois se détendent dans la fatigue et les soucis de la vie quotidienne, me semble d'un idéalisme perverti.
    Qui n'a pas eu l'occasion de voir les visages heureux et éblouis des enfants devant les lumières et les couleurs d'un sapin orné pour l'occasion doit avoir oublié ce qu'il a lui-même vécu un jour. Pour ceux qui n'ont pas eu cette chance (ou une expérience équivalente) nous ne pouvons que, je me répète, faire de notre mieux pour leur offrir ne serait-ce qu'une pensée dépourvue de sectarisme, mais riche des valeurs que nous chérissons.

  • Il y a un billet assez intéressant dans 24 heures / TdG signé Andrès Allemand, qui fait remarquer que Noël est devenu une fête des familles avant tout. Et que de toute façon, ce sont les chrétiens qui ont piqué la fête du solstice d'hiver aux "païens". Et que les sapins ou les Pères Noël n'ont rien de biblique...

  • Réveillon de Noël à Tunis - sous protectorat français pour les plagiaires ignares - Messie de minuit à la magnifique Grande Cathédrale avec ses magnifiques larges escaliers et majestueuse belle porte. Noël, fêté depuis mon enfance, les cadeaux..... Mais mon dernier, celui gravé dans ma mémoire: Avec ma tante et toute l’équipe d’un cirque venu se produire à Tunis, des comédiens de laCompagnie Jean-Louis Barrault et sa femme Madeleine Renaud. Sydney Bechet et Jean -Claude Luther , qui passaient Au Caveau, Club branché. C’était un moment magique!
    Il était clair pour nous que Noël était une fête chrétienne. Mon voisin d’en face, une famille venue d’algérie, un jeune homme, amoureux d’une voisine corse -nous « berçait «  - à tue-tête - avec la voix de Tino Rossi :« PetiiiiiiiiiiiiitPapa Noëèèèèèèèl «. Ce qui ne dérangeait personne..... Tout le monde pratiquait sa religion que seul le calendrier nous rappelait... Puis.... mille fois hélas! L’exode... guerre d’Algérie, débordement à Tunis, indépendance Tunisie.... Fermeture Grande Synagogue, Cathédrale, les deux superbes casinos: du Belvédère, et de Tunis. Les nuits illuminées qui grouillaient de monde à la sortie des cinémas, étaient devenues sombres, presque désertiques où peu de gens s’y aventuraient à pied... les départs se succédaient, chasse aux sorcières exige, dont le nôtre en 62!

    Le progressisme passera comme toutes les modes qui se réveillent au fil des siècles. Les gens d’aujourd’hui n’ont rien inventé, c’est du remue-ménage de la gauche!

  • Bonjour Patoucha, je ne savais pas de votre passé tunisien et vous avez raison. Les Noëls les plus intenses de ma vie d'adulte je les ai vécu à Djerba (de 2005 à 2010 ) où il venaient de reconsacrer l'Église Catholique. Les gens du coin me souhaitaient Bonne Fête de Noël et, à mon tour au moment de l'Aïd, je leurs souhaitais Bonne Fête de l'Aïd. A la Messe venait, entre autres, une amie tunisienne qui avait fait ses études chez le Soeurs ä Tunis et après on improvisait un petit souper, ( sans saumon , foie gras.. ) chez l'une d'entre nous : on pourrait inventer une blague du genre il y avait une tunisienne, une française et une italienne....
    Le progressisme de nos jours me semble un sacré pas en arrière, le dogmatisme et la haine sont partout malgré le discours de tolérance : qu'on parle du climat ou de la viande ( l'agressivité des véganes est symbolique de cette époque ), tout propos dubitatif de la doxa impérative est violemment réjeté et les conversations entre dissidents virent fissa, fissa à la bagarre. Triste époque où, malgré les apparences, on a perdu le sens de la fête et on n'ose plus rire de rien...

  • Messe naturellement ! Désolée! Si encore d’autres facéties de l’iMac. Prière ignorer

  • Pour l'enfant que j'étais, il était compliqué de comprendre, pourquoi le père Noël venait pour l'anniversaire de Jésus.
    On connaissait bien l'histoire de la Nativité et quand bien même les Rois mages apportaient à l'enfant Jésus , en plus de l'or, ces chose bizarres qu'étaient l'encens et la myrrhe, il fallait pas mal d'explications pour faire le lien entre les cadeaux pour nous, le sapin, le Père Noël et l'enfant dans la crèche.
    (En Allemagne, on nous disait que c'était das Christkind qui apporte les cadeaux aux enfants. )
    Peu à peu, les cadeaux sont devenus plus importants que la naissance de Jésus.

    Ainsi, le manifeste de Monoprix est assez cohérent, il est purement commercial. Monoprix est désormais totalement détaché du contexte chrétien.
    N'est-ce pas une façon de dire : c'est désormais une fête des familles, en particulier des familles recomposées
    L'idée de fond étant : faites un maximum de "réveillons", ne vous limitez pas au 24-25 décembre. Ca vous fera consommer nos produits pendant des semaines et nul besoin de célébrer la Nativité, l'important, c'est de fêter et donc d'acheter nos produits.

    C'est peut-être la preuve, blanc et or sur bleu, qu'on ne peut pas servir à la fois Dieu et Mammon.

  • "Le progressisme passera comme toutes les modes qui se réveillent au fil des siècles." Hélas non. Enfin, hélas, il faut nuancer. Je suis content que les femmes aient accédé à l'égalité parfaite avec nous les hommes en tout cas ici en Suisse, je suis content que les Juifs ne soient plus persécutés, que le loisir favori des petites brutes de quartier ne soient plus d'aller casser la gueule des homosexuels, etc, etc...
    Mais Mathieu Bock-Côté dans l'excellent livre que je vous ai recommandé dans un autre blog - et qui a été commenté favorablement sur ce blog - fait remarquer que les politiciens de droite ne reviennent jamais sur les acquis des progressistes. Sarkozy, malgré ses réitérées promesses, n'est jamais venu à bout des 35 heures. En d'autres termes, dans l'état des choses, les politiciens de droite ne peuvent que freiner un peu le rouleau compresseur diversitaire, c'est tout. Le Grand Remplacement est en marche et rien ne l'arrêtera. Dans le canton de Vaud, c'est fait. Le gouvernement vaudois est constitué presqu'exclusivement de femmes socialistes d'origine étrangère, toutes filles de parents communistes...
    Mais à part ça, Madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien...

  • Respirez un bon coup Géo. Cela n’arrivera qu’un seul jour! Cela n’est pas sorti de n’importe quelle bouche!

    Bon dimanche

  • Au risque de me répéter, excellent billet !

    Parmi quelques citations, j'ai retenu celle-ci (eh oui, il faut bien faire des choix ...) :

    "Le droit à la différence c'est le droit à ne s'autoriser que de soi-même."
    Oui c'est exactement cela !

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